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Le chancelier autrichien Sebastian Kurz, le vice-chancelier Heinz-Christian Strache et le minisitre de l’Intérieur Herbert Kickl, vendredi 8 juin 2018.
© LEONHARD FOEGER / Reuters

Europe centrale

L’Autriche entreprend de sévir plus fermement contre l’islam politique

Le chancelier conservateur Sebastian Kurz a annoncé ce vendredi son intention d’expulser plusieurs dizaines d’imams, selon lui «financés par l’étranger», et de fermer sept mosquées jugées problématiques

Lutter contre l’islam politique. L’objectif est clair et assumé par le chancelier Sebastian Kurz, qui dirige depuis décembre dernier un gouvernement de coalition avec l'extrême-droite. D’un ton calme, le jeune conservateur annonce que l’Autriche veut fermer sept mosquées – quatre à Vienne, deux en Haute-Autriche et une en Carinthie – et souhaite expulser plusieurs imams, ainsi que leurs familles. Cela concernerait 150 personnes dont 60 imams, selon le ministre de l’Intérieur, Herbert Kickl.

La plupart de ces personnes sont membres d’Atib, l’Union islamique turque d’Autriche. Une organisation controversée, épinglée récemment pour une scène qui s’est déroulée dans l’une des principales mosquées qu’elle gère à Vienne. L’hebdomadaire autrichien Falter a publié plusieurs photos qui montrent des enfants, en tenue de soldat, rejouer la bataille de Gallipoli, bataille emblématique de l’histoire ottomane. C’est d’ailleurs sur cet exemple que Sebastian Kurz s’est appuyé pour justifier la nécessité, selon lui, de lutter contre l’islam politique.

La Turquie dénonce une mesure «raciste»

Le porte-parole du président turc, Recep Tayyip Erdogan, n’a pas tardé à réagir, dénonçant une mesure «islamophobe» et «raciste». Les relations entre la Turquie et l’Autriche ne sont pas au beau fixe: déjà, en avril dernier, Sebastian Kurz s’était opposé à la tenue de meetings électoraux de politiques turcs sur le sol autrichien, en vue des élections présidentielle et législatives anticipées du 24 juin prochain en Turquie. Le chancelier avait alors affirmé que «le pouvoir turc, sous Erdogan, tente depuis des années d’instrumentaliser les communautés d’origine turque en Europe», y compris en Autriche. Environ 360 000 personnes d’origine turque vivraient dans la petite république alpine, dont 117 000 de nationalité turque.

La réaction est plus mesurée du côté d’Atib. Son porte-parole, Yasar Ersoy, a reconnu, sur la radio publique autrichienne Ö1, que plusieurs de ses imams étaient financés par la Turquie. Cela va donc à l’encontre de la loi adoptée en 2015 par l’Autriche, qui interdit tout financement des imams par des fonds étrangers. Mais selon l’organisation, ce n’est pas par choix mais plutôt par manque de formation adéquate pour les imams en Autriche.

Un vif débat sur l’islam

«Cette mesure s’inscrit aussi dans un contexte plus large, en Autriche, où dès que l’on parle d’islam, c’est d’une manière péjorative», avance le politologue Cengiz Günay. Il est vrai que les quelque 700 000 musulmans qui vivent dans le pays ont souvent été au centre du débat ces derniers mois. Encore en avril dernier, lorsque Sebastian Kurz a annoncé un futur projet de loi pour interdire le voile à l’école primaire. Une mesure «symbolique» de l’aveu même du gouvernement.

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