Que va-t-il advenir de Hashim Thaçi après les révélations du rapport Marty? Le premier ministre sortant a remporté dimanche les élections législatives. Sa formation, le Parti démocratique du Kosovo, a obtenu 33,5% des voix, mais est contrainte de composer avec des partenaires pour former une coalition. Rattrapé par son passé de cofondateur de l’Armée de libération nationale (UÇK), Hashim Thaçi, dont le nom de guerre était «le serpent», risque de sortir affaibli par le rapport du Conseil de l’Europe.

Au plan intérieur, il a déjà été sanctionné par une motion de censure du parlement kosovar au début de novembre, laquelle a provoqué la convocation d’élections anticipées. Dès dimanche, l’opposition, mais aussi des observateurs européens se sont inquiétés des soupçons de graves fraudes électorales au profit de Hashim Thaçi. En visite à Moscou, le ministre serbe des Affaires étrangères, Vuk Jeremic, a incité à s’interroger sur la gouvernance du Kosovo. Son homologue russe Sergueï Lavrov juge nécessaire de ne pas passer les conclusions du document sous silence. Chef politique de l’UÇK en 1998, Hashim Thaçi avait dirigé la délégation kosovare aux discussions de Rambouillet entre Serbes et Albanais en 1999. En 1995, il avait obtenu l’asile politique en Suisse et étudié à l’Université de Zurich.