Le patron de l’OMS visé par une campagne de harcèlement menée par son propre gouvernement
Plusieurs médias dont la cellule enquête de Tamedia révèlent aujourd’hui que les autorités éthiopiennes auraient tenté de discréditer Tedros Adhanom Ghebreyesus, de l’évincer de la présidence de l’OMS et l’auraient même pris en filature à Genève
C’était l’un des visages de la pandémie de coronavirus. Patron de l’Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus multipliait à cette période les interventions et les déclarations durant l’une des pires crises qu’ait connues l’agence onusienne. Outre les incessantes accusations publiques de mauvaise gestion, notamment de Donald Trump, reprochant le manque de réaction et d’indépendance de l’OMS vis-à-vis de Pékin, des médias indiquent ce lundi que l’Ethiopien subissait également une campagne de dénigrement personnelle, professionnelle et judiciaire de la part de son propre gouvernement.
Ces révélations sont rendues possibles par une fuite de données du Service de renseignement financier éthiopien, sur laquelle l’ONG anglaise Distributed Denial of Secrets a réussi à mettre la main. Ces informations ont ensuite été analysées par la Plateforme pour la protection des lanceurs d’alerte en Afrique (PPLAAF), basée à Paris, puis transmises à plusieurs médias internationaux: Bloomberg, le journal allemand Süddeutsche Zeitung, The Continent en Afrique du Sud ainsi que la cellule enquête de Tamedia, éditeur de la Tribune de Genève et de 24 heures en Suisse romande.