L'eurodéputé indépendantiste et ex-président catalan Carles Puigdemont, en exil en Belgique depuis 2017 après la tentative de sécession de la Catalogne la même année, a été arrêté jeudi en Italie, a annoncé son avocat.

«Le président Puigdemont a été arrêté à son arrivée en Sardaigne, où il se rendait en tant qu'eurodéputé», a affirmé son avocat Gonzalo Boye sur Twitter, expliquant que son arrestation avait eu lieu sur la base d'un mandat d'arrêt européen datant du 14 octobre 2019.

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Le leader catalan a été arrêté à Alghero alors qu'il venait participer à un festival culturel et de s’entretenir avec des élus de l’île italienne, a confirmé sur Twitter son chef de cabinet, Josep Lluis Alay. «A son arrivée à l’aéroport d’Alghero, il a été arrêté par la police aux frontières italiennes. Demain (vendredi), le président sera présenté aux juges de la Cour d’appel de Sassari, qui est compétente pour décider de sa libération ou de son extradition», a indiqué Josep Lluis Alay.

Manifestation attendue vendredi

Le nouveau président régional de la Catalogne, Pere Aragones, un séparatiste, mais de tendance plus modérée que Carles Puigdemont, a immédiatement réagi sur Twitter, «(condamnant) fermement la persécution et cette répression judiciaire». «Assez. L’amnistie est la seule voie. L’autodétermination la seule solution. A tes côtés Carles», a lancé Pere Aragones.

Des appels indépendantistes à manifester vendredi, jour férié en Catalogne, devant le consulat d’Italie à Barcelone commençaient à circuler sur les réseaux sociaux, alors qu’un ancien président régional, Quim Torra, a qualifié de «catastrophique» une éventuelle extradition de Carles Puigdemont vers l’Espagne et appelé les indépendantistes à être «en alerte maximale».

A Madrid, le gouvernement espagnol du socialiste Pedro Sánchez a exprimé «son respect pour les décisions des autorités et des tribunaux italiens». «L’arrestation de Carles Puigdemont correspond à une procédure judiciaire en cours qui s’applique à tout citoyen de l’UE devant répondre de ses actes devant les tribunaux », a affirmé dans un communiqué le palais de la Moncloa, siège du gouvernement espagnol, ajoutant que Carles Puigdemont devrait « se soumettre à l’action de la justice comme tout autre citoyen ».

Poursuivi pour «sédition» 

Le parlement européen avait levé le 9 mars l’immunité parlementaire de Carles Puigdemont et de deux autres eurodéputés indépendantistes, mesure qui avait été confirmée le 30 juillet par le Tribunal de l’UE. Mais la décision du Parlement européen a fait l’objet d’un recours dont le jugement définitif sur le fond de la part de la justice de l’UE doit être prononcé «à une date ultérieure».

Selon l’interprétation de l’avocat de M. Puigdemont, Gonzalo Boye, la décision du Parlement est donc «suspendue».

Exilé en Belgique depuis la tentative de sécession de 2017 afin d’échapper aux poursuites de la justice espagnole, Carles Puigdemont n’a pas bénéficié de la grâce accordée fin juin aux neuf indépendantistes incarcérés en Espagne et le gouvernement espagnol du socialiste Pedro Sánchez souhaite toujours qu’il soit jugé en Espagne.

Carles Puigdemont est poursuivi pour «sédition» et est accusé de «détournements de fonds publics».