L’un des principaux de l’opposition en Iran, Mir Hossein Moussavi, a été empêché jeudi par les forces de l’ordre de rejoindre le défilé officiel du 31e anniversaire de la Révolution islamique à Téhéran alors que sa femme a été agressée et frappée, a rapporté jeudi son site internet. «Mir Hossein Moussavi voulait se joindre aux manifestants qui se trouvaient sur l’avenue Azadi, mais il a été encerclé par des hommes en civil portant des matraques et par des policiers antiémeute qui l’ont empêché de le faire», indique le site internet Kaleme.org.

Kaleme.org rapporte également que Zahra Rahnevard, la femme de l’ancien Premier ministre, a été agressée et «frappée» par des hommes en civil. Elle «se trouvait place Sadeghieh et voulait participer à la manifestation lorsque des hommes en civil armés de matraques l’ont encerclée», affirme le site. «Elle a été frappée à la tête et au dos à coups de poing et de matraque», selon la même source.

Voitures attaquées par des hommes en civil Les voitures de deux autres chefs de l’opposition, l’ancien président réformateur Mohammad Khatami et l’ancien chef (réformateur) du Parlement Mehdi Karoubi, ont été attaquées par des hommes en civil alors qu’ils essayaient de se joindre aux manifestations officielles avec certains de leurs proches, avaient indiqué précédemment le site d’opposition Rahesabz et le fils de ehdi Karoubi.

Nouvelles provocations De son côté, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a une nouvelle fois défié jeudi l’Occident sur le nucléaire en prenant la parole devant des centaines de milliers d’Iraniens rassemblés pour l’anniversaire de la révolution.

Une foule immense s’est rassemblée sur la grande place Azadi (Liberté) et dans les avenues environnantes du sud-ouest de Téhéran, agitant des drapeaux iraniens vert, blanc et rouge, et des pancartes proclamant «Mort à Israël» et «Mort à l’Amérique», selon les images de la télévision d’Etat.

Les journalistes étrangers ont quant à eux été cantonnés dans une tribune officielle pour écouter le discours de Mahmoud Ahmadinejad qui a affirmé que l’Iran était devenu «une nation nucléaire» grâce à ses capacités de produire de l’uranium hautement enrichi. Il a assuré que l’Iran était capable d’enrichir de l’uranium «à plus de 80%» mais qu’«il ne le fera pas car il n’en a pas besoin» affirmant à plusieurs reprises que Téhéran ne souhaitait pas se doter de l’arme atomique. La patience de la communauté internationale face à ces ambitions nucléaires «n’est pas inépuisable», a rétorqué depuis Bruxelles Gordon Brown, le Premier ministre britannique.

Soumission au «guide» Les manifestants scandaient des slogans affirmant leur «soumission» au guide de la République islamique Ali Khamenei, a indiqué la télévision en affirmant que des «millions» d’Iraniens étaient venus à Téhéran et dans d’autres villes d’Iran «manifester l’unité de la nation».

Les rassemblements ont donné lieu, à Téhéran, à plusieurs affrontements apparemment isolés mais parfois violents entre les forces de l’ordre massivement déployées et des partisans de l’opposition qui tentaient de profiter de l’occasion pour manifester, selon des témoins.

Les forces de l’ordre ont procédé à de nombreuses arrestations, selon ces témoins. Le pouvoir avait averti qu’il ne tolérerait pas de voix discordantes lors des manifestations du 11 février. Mais les meneurs de la contestation avaient malgré tout appelé leurs partisans à participer massivement aux rassemblements officiels pour faire entendre leur voix.

Contestataires par milliers Ils auraient été des «milliers et des milliers» à descendre eux aussi dans les rues selon le site d’opposition Rahesabz. Cette information n’a pas pu être confirmée de source indépendante, les autorités ayant interdit à la presse étrangère de couvrir les défilés officiels par crainte des manifestations de l’opposition.