Enclaves suisses (1/5)

L’échec colonial d’une compagnie genevoise en Algérie

Créée par des patriciens genevois dans les années 1850, une entreprise de colonisation privée de grande ampleur dans la région de Sétif s’est rapidement transformée en simple opération foncière

Cette semaine, «Le Temps» visite cinq lieux dans le monde où des Suisses ont émigré pour trouver une vie meilleure.

Au milieu du XIXe siècle, quelques investisseurs issus de grandes familles genevoises pensent tenir un filon qui assurera leur fortune: ils s’associent pour obtenir une part du territoire de l’Algérie, dont la conquête militaire vient de s’achever. Sous l’égide de François-Auguste Sautter de Beauregard, Paul Elisée Lullin et Jacques-Marie-Jean Mirabaud, ces financiers affichent des ambitions considérables: ils espèrent exploiter 500 000 hectares de terres agricoles, soit l’équivalent du canton du Valais.

Ces patriciens fondent la Compagnie genevoise des colonies suisses de Sétif. Ils ne sont pas les premiers à imaginer une installation suisse en Algérie. En 1840, Xavier Stockmar, patriote jurassien et auteur de La Rauracienne, avait déjà conçu un gigantesque projet de «colonie helvétienne» destinée à terme à accueillir 100 000 personnes. Une entreprise rapidement avortée.