Royaume-Uni

L’Ecosse devrait s’engager dans un bras de fer avec Londres sur le Brexit

Le gouvernement écossais a appelé le parlement régional à refuser d’accorder son «contentement» au projet de loi britannique sur le Brexit. Une initiative sans précédent qui pourrait déboucher sur une crise constitutionnelle

Le parlement écossais devrait formellement marquer son désaccord mardi sur le projet de loi britannique. Le gouvernement écossais a appelé le parlement régional d’Edimbourg à refuser d’accorder son «contentement» au projet de loi de l’exécutif britannique organisant la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, qui divise profondément les parlementaires de Westminster, à Londres.

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Ce texte doit permettre au Royaume-Uni de continuer à fonctionner normalement lorsqu’il aura coupé le cordon avec le bloc européen. Il met fin à la suprématie du droit européen sur le droit national britannique et organise la transposition des réglementations européennes.

Qui récupérera les compétences de l’UE?

La première ministre conservatrice Theresa May ne devra pas nécessairement l’amender si l’Ecosse, une des quatre nations constitutives du Royaume-Uni, s’y oppose. Mais des experts estiment qu’une confrontation directe entre Londres et Edimbourg pourrait pousser l’Ecosse un peu plus vers l’indépendance.

La pierre d’achoppement réside dans la question de savoir qui, après le Brexit en mars 2019, héritera des compétences actuellement détenues par Bruxelles, notamment en matière de pêche et d’agriculture.

L’Ecosse souhaite récupérer ces compétences tandis que le gouvernement de Theresa May désire que tous les pouvoirs rapatriés de l’UE soient dévolus à Londres afin d’éviter que les nations constitutives du pays n’adoptent des règles différentes qui pourraient désorganiser le commerce intérieur britannique.

Un «territoire constitutionnel inexploré»

Londres a reproché aux récalcitrants écossais de «chercher la petite bête» et insisté sur le fait qu’il essayait de protéger l’intégrité économique du pays en construisant un cadre commun après le Brexit. Des responsables écossais ont eux accusé Theresa May d’un «coup de force».

La première ministre écossaise Nicola Sturgeon, à la tête du Parti nationaliste écossais (SNP), a estimé que le Royaume-Uni se dirigeait désormais vers un «territoire constitutionnel inexploré» alors qu’une majorité du parlement régional semi-autonome devrait s’opposer au projet de loi.

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Elle a rejeté les accusations des alliés conservateurs régionaux de Theresa May selon lesquelles elle utilisait le Brexit pour atteindre son objectif d’une Ecosse indépendante.

«Ce ne sera probablement pas seulement le gouvernement SNP qui votera contre ce consentement parlementaire», a-t-elle dit lors d’un débat lundi soir à Londres. «Nous devrions être rejoints par le Parti travailliste et les Libéraux et les Verts au parlement écossais, de sorte que seuls les conservateurs voteront pour», a-t-elle dit.

Vers un nouveau référendum sur l’indépendance

L’Ecosse s’est prononcée à 55% contre l’indépendance lors d’un référendum en 2014, mais Nicola Sturgeon estime pouvoir organiser un deuxième scrutin, l’Ecosse ayant voté contre le Brexit à 62% en 2016.

«Je ne suis pas sûre que la question de l’indépendance soit obsolète tant qu’elle n’est pas réalisée», a-t-elle dit.

Nicola Sturgeon a repoussé la décision sur la tenue d’un second référendum à l’automne 2018, soit quand les négociations sur le Brexit sont censées se terminer.

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