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© Spencer Platt

Primaires américaines

L'écrasante victoire de Trump et Clinton à New York semble être un tournant

Le républicain et la démocrate renforcent leur statut de favoris pour décrocher l'investiture de leur propre parti. La primaire de Californie au début juin sera cruciale

S’il y avait un doute au sujet de la viabilité des candidatures du républicain Donald Trump et de la démocrate Hillary Clinton, les New-Yorkais l’ont en partie levé. Mardi, le premier a écrasé la primaire en s’imposant avec plus de 60% des votes contre 25,1% pour le gouverneur d’Ohio John Kasich et 14,7% pour le sénateur du Texas Ted Cruz. La seconde a mis fin à une série de sept victoires en gagnant de façon décisive (57,6%) face au sénateur du Vermont Bernie Sanders (42,4%).

Symboliquement, leur victoire est non seulement convaincante, elle était aussi nécessaire. Si l’un ou l’autre avait essuyé une défaite dans leur propre Etat, le signal donné aurait été dévastateur. Plusieurs commentateurs mardi soir estiment que la «bataille de New York», comme l’a dénommé l’équipe de campagne de Bernie Sanders, est peut-être un tournant dans la campagne électorale pour la présidentielle du 8 novembre prochain.

Un pas de plus vers l’investiture démocrate

De son quartier général de Brooklyn, Hillary Clinton était rayonnante. L’ex-secrétaire d’État et ancienne sénatrice de New York a remercié les électeurs de New York pour avoir creusé l’écart avec son rival en glanant la plus grande part des 247 délégués en jeu. Elle a toutefois évité de s’en prendre à son rival direct Bernie Sanders, sachant qu’elle aura un cruel besoin de l’électorat (jeune) de son adversaire pour avoir une chance d’accéder à la Maison-Blanche. 61% des femmes démocrates de l’État ont voté en faveur d’Hillary Clinton contre 39% pour le sénateur du Vermont. 67% des électeurs afro-américains, hispaniques et asiatiques ont préféré l’ex-patronne de la diplomatie au «socialiste démocrate» qui appelle à une «révolution politique» outre-Atlantique. En termes d’expérience, 90% des électeurs jugent Hillary Clinton plus à même de siéger à la Maison-Blanche que Bernie Sanders. Les primaires ne sont pas terminées, mais l’ex-sénatrice de New York a fait un pas de plus vers l’investiture.

Lire aussi: Bernie Sanders veut gagner la «bataille de New York»

Pour Bernie Sanders qui est lui-même un natif de Brooklyn, la tâche se complique même s’il a attiré les foules ces derniers jours en dépit d’un bref voyage au Vatican pour brièvement rencontrer le pape. Les responsables de sa campagne sont cependant loin d’abandonner le combat: même si leur candidat est en train de perdre le vote populaire des primaires et la bataille des délégués, il cherchera néanmoins à pousser les «super-délégués» (élus, responsables politiques du Parti démocrate) à changer d’allégeance. Si c’est le cas, cela augure de tensions au sein du Parti démocrate et une difficulté pour Hillary Clinton d’unifier les démocrates d’ici à la présidentielle. Pour l’ex-secrétaire d’État, le soutien des super-délégués sera essentiel. Mais ce n’est pas une première. En 2008, Barack Obama avait aussi eu besoin du l’appui des élus et officiels du parti pour finalement s’imposer face à Hillary Clinton après une primaire à couteaux tirés.

Donald Trump domine la primaire de New-York

Pour Donald Trump, la primaire de mardi fut un triomphe. Le milliardaire new-yorkais s’en est fait l’écho dans un discours prononcé après la fermeture des bureaux de vote de son quartier général, la Trump Tower, sur la cinquième Avenue de Manhattan. Il s’est félicité d’avoir écrasé ses adversaires et d’avoir gagné la quasi-totalité des 95 délégués en jeu. A voir la carte électorale, il n’y a que deux ou trois arrondissements électoraux qu’il n’a pas réussi à gagner avec plus de 50% des votes et à rafler toute la mise. Petit bémol: il n’a pas remporté la circonscription de Manhattan, là où il a pourtant bâti son empire immobilier. C’est le plus modéré John Kasich qui l’a conquise.

Lire aussi: La cuisante défaite de Trump dans le Wisconsin relance les primaires républicaines

Pour le Parti républicain, c’est la bouteille à l’encre. Ce week-end, le chef de file des républicains du Sénat à Washington, Mitch McConnell en a donné un aperçu. Lors d’une interview accordée à un média local, le sénateur du Kentucky a laissé entendre qu’en cas de deuxième tour de scrutin lors de la convention républicaine de Cleveland en juillet, il ne serait pas certain de soutenir Donald Trump même si ce dernier avait atteint la barre fatidique des 1237 délégués devant normalement lui garantir l’investiture. Face au tollé, Mitch McConnell a tenté hier de corriger le tir. L’exemple révèle l’embarras de l’establishment républicain qui ne sait pas quelle stratégie adopter. Aliéner l’électorat de Donald Trump en choisissant un candidat «anti-Trump» en juillet pourrait s’avérer dévastateur pour le Grand Vieux Parti.

Derrière lui, John Kasich a obtenu ce qui lui était nécessaire: une deuxième place derrière Trump, mais devant Ted Cruz qui ne cesse de revendiquer qu’il est le seul candidat viable pour stopper le magnat de l’immobilier new-yorkais. Même si le nombre de délégués dans son escarcelle est limité, le gouverneur de l’Ohio pense avoir sa chance à Cleveland en cas de convention «contestée» où aucun candidat ne s’impose. Pour Ted Cruz, qui n’a pas remporté le moindre délégué mardi, atteindre le nombre de 1237 délégués est mathématiquement impossible. Le sénateur du Texas est toutefois en train d’effectuer un travail de terrain considérable pour tenter de se garantir les faveurs des délégués à la convention républicaine.

Les prochaines primaires de Pennsylvanie, de l’Indiana, du New Jersey et du Maryland seront des étapes importantes. Mais l’ultime épreuve majeure sera la Californie. L’État de la côte ouest apparaît très disputé. Ted Cruz et Bernie Sanders sont convaincus qu’ils peuvent engranger une victoire cruciale dans la perspective des conventions.

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