Un tribunal chinois a condamné l'éditeur suédois d'origine chinoise Gui Minhai, au centre de vives tensions diplomatiques entre Pékin et Stockholm, à dix ans d'emprisonnement. Il a été reconnu coupable d'avoir illégalement diffusé des informations confidentielles à l'étranger.

Un tribunal de Ningbo (est) a annoncé que Gui Minhai, 55 ans, avait été condamné lundi, précisant qu'il avait demandé en 2018 de retrouver sa nationalité chinoise. Gui Minhai, qui publiait dans une maison d'édition de Hongkong des livres au contenu salace sur les dirigeants chinois, avait disparu en 2015 avant de réapparaître dans une prison chinoise en «avouant» à la télévision s'être rendu en raison de son implication dans un accident de la route en Chine remontant à 2003.

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Condamné en 2015 en Chine pour une affaire de droit commun, il avait disparu la même année comme d'autres employés de son entreprise lors de vacances en Thaïlande. Il était ensuite réapparu dans une prison chinoise en «avouant» à la télévision s'être rendu aux autorités en raison de son implication dans un accident de la route en Chine remontant à 2003.

Les autorités chinoises avaient assuré l'avoir relâché en octobre 2017, mais selon sa fille Angela Gui, il s'était alors retrouvé assigné à résidence dans la ville de Ningbo. Il avait été de nouveau interpellé début 2018 dans un train en Chine, alors qu'il était accompagné de diplomates suédois.

Des tensions qui pourraient être ravivées

Après sa deuxième disparition, Gui Minhai était apparu dans une nouvelle interview vidéo sur les médias d'Etat, entouré de deux policiers, reconnaissant ses méfaits et accusant son propre pays d'adoption - la Suède - de le manipuler comme «un pion». Une version que mettent en doute ses proches, qui ont dénoncé sans relâche des poursuites à caractère politique.

Gui Minhai «a reconnu sa culpabilité, accepté le verdict et ne fera pas appel», selon le communiqué du tribunal de Ningbo, diffusé tard lundi.

Cette condamnation pourrait raviver les tensions entre la Chine et la Suède, dont les relations ont été gravement perturbées ces dernières années par la détention de Gui Minhai.

En novembre 2019, l'ambassadeur chinois à Stockholm, Gui Congyou, avait brandi la menace de «mesures de rétorsion» contre la Suède après la remise d'un prix des droits humains à Gui Minhai. Pékin a ensuite annulé la venue en Suède de deux délégations de dirigeants d'entreprises pour protester contre la remise symbolique du prix, qualifiée de «grave erreur» par la Chine.