Bulgarie

Législatives: Boïko Borissov cherche des alliés pour un troisième mandat en Bulgarie

Selon les dernières projections, le parti de l'ex-premier ministre (Gerb) a emporté les législatives avec près de 33% des suffrages. Les socialistes arrivent en seconde position avec environ 28% des votes

Fort d’une victoire face aux socialistes aux législatives, l’ex-premier ministre bulgare Boïko Borissov se lance lundi en quête d’alliés pour former un gouvernement et s’assurer un troisième mandat sous le signe de la stabilité.

Le chef de file des conservateurs, physique de lutteur et bagou de boutiquier, est rompu à ces négociations inévitables dans le système bulgare de proportionnelle à un tour.

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Les projections des instituts de sondage donnent à son parti (Gerb), avec une moyenne de 33% des suffrages, entre 92 et 96 élus sur 240, soit un peu plus que dans le parlement sortant (84). Des résultats officiels sont attendus lundi.

Un gouvernement de coalition

Cette réussite sonne comme une heureuse surprise pour Boïko Borissov dont le camp était donné depuis plusieurs semaines au coude-à-coude avec les socialistes (PSB). Ces derniers, avec environ 28% des votes, devraient au moins doubler le nombre de leurs députés mais ils ont échoué à ravir le pouvoir aux conservateurs qui dominent la scène politique depuis 2009.

«Le PSB s’est présenté comme porteur du changement, mais a exagéré en se présentant comme une alternative au statu quo en politique étrangère» et en prônant un rapprochement avec la Russie, estime le politologue Ognian Mintchev.

«Ils ont fait peur», estime son confrère Andrei Raitchev.

Reste pour Boïko Borissov à dégager une majorité pour gouverner le pays le plus pauvre de l’UE, où la corruption est enracinée, alors que son deuxième mandat, qu’il a écourté en démissionnant fin 2016, a été miné par les désaccords au sein de la coalition. Quatre ou cinq partis au total devraient entrer au parlement. «Le gouvernement sera instable», prédit Ognian Mintchev.

Boïko Borissov n’a pas remporté un vote d’adhésion, selon les observateurs, mais «des gens qui ne sont pas ravis de la politique de Gerb l’ont soutenu pour ne pas voir arriver les socialistes. Boïko Borissov a eu l’idée de rassurer, d’adopter le rôle d’unificateur, de conciliateur», selon le politologue Haralan Alexandrov.

Les relations avec la Russie au cœur des élections

Le premier ministre sortant, un ancien garde du corps devenu chef de la police, a joué des peurs vis-à-vis d’une situation internationale perçue comme instable, en raison de la crise migratoire et de tensions avec la Turquie voisine.

«Jamais la situation dans les Balkans n’a été si belliqueuse. Gerb doit gagner les élections pour que la Bulgarie demeure une île de stabilité», avait-il notamment lancé.

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Les socialistes, héritiers des communistes d’avant la chute du Rideau de fer, espéraient profiter de l’élan qui a porté à la présidence de la République, fin 2016, leur candidat, l’ancien chef de l’armée de l’air Roumen Radev. Comme le chef de l’Etat, la présidente du PSB Kornelia Ninova est favorable à une levée des sanctions imposées par l’UE à la Russie. Tout en prônant des rapports «pragmatiques» avec Moscou, Boïko Borissov défend un alignement fidèle sur les positions de l’UE et de l’Otan.

La troisième place dont est créditée la coalition nationaliste «Patriotes unis», hostile aux migrants, aux musulmans et aux Roms, ainsi qu’aux minorités sexuelles, devrait en faire un partenaire incontournable pour Boïko Borissov.

Le premier ministre ne souhaite pas s’allier avec le MDL, parti historique de la minorité musulmane – principalement turque – de Bulgarie, quasi ex aequo avec les nationalistes selon les sondages. Le MDL s’affiche contre la politique du président turc Recep Tayyip Erdogan tandis qu’un nouveau parti, Dost, est soutenu par Ankara. Dost ne devrait pas, selon les sondages, entrer au parlement. Ce soutien turc durant la campagne a provoqué des accusations d’ingérence de la part des autorités bulgares, ainsi que des tensions entre les deux pays.

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