France

Législatives françaises: ce qu’il faut retenir du 2e tour

La République en marche obtient 341 sièges hors circonscriptions de l’étranger mais la droite fait mieux que sauver les meubles avec 135 sièges. Le PS est décimé (43 avec ses alliés), la France insoumise pourra former un groupe avec les communistes (27) et le FN aura finalement 8 députés, sur fond d’abstention record. Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon font leur entrée au Palais bourbon. Revivez la soirée électorale

Les principaux enseignements

  • L'abstention a dépassé 57%, un record historique
  • Le mouvement présidentiel d'Emmanuel Macron est majoritaire absolue, avec le Modem à 361 sièges (dont 319 pour La République en marche)
  • Les Républicains et divers droite obtiennent 126 élus (dont 101 pour LR). Le Front national impose 8 députés (dont Marine Le Pen mais pas Florian Philippot), le Parti socialiste, laminé, perd nombre de ténors et obtient 32 sièges (soit 46 avec ses alliés divers gauche); la France insoumise (16) et les communistes (10) vont pouvoir former un groupe.
  • Tous les ministres candidats ont été élus/réélus  
  • La nouvelle Assemblée comportera 224 femmes sur 577 députés, autre record 

Il est minuit, c’est la fin de ce direct. Merci de nous avoir suivis! Toute la rédaction du Temps vous donne rendez-vous demain matin.

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23h30. Le Grand Chelem du gouvernement

Les six ministres du gouvernement d’Edouard Philippe candidats à l’élection ou à la réélection ont tous gagné dans leur circonscription, à savoir Richard Ferrand, Bruno Le Maire, Mounir Mahjoubi, Marielle de Sarnez, Christophe Castaner et Annick Girardin.

22h45. Contestation à Evry de la victoire de Manuel Valls par La France insoumise

L’ex premier ministre socialiste a annoncé lui-même sa réélection à Evry avec 139 voix d’avance sur Farida Amrani, son adversaire de La France insoumise. A la suite de ce score très serré, annoncé dans une ambiance tendue, des bagarres ont éclaté aux abords de la mairie et Farida Amrani a fait savoir qu’elle contestait ce vote. La France insoumise va déposer un recours ce lundi.

■ 22h15. Quelques personnalités

Najat Vallaud-Belkacem (PS) est battue à Villeurbanne par Brunol Bonnell (LREM), Nathalie Kosciusko-Morizet (LR) est battue à Paris, Marisol Touraine battue en Indre et Loire face à une candidate LREM, victoire de Gilbert Collard (FN) contre Marie Sara (LREM) dans le Gard. A Paris Myriam El Khomri, qui revendiquait le soutien d’Emmanuel Macron, est battue par Pierre-Yves Bournazel, qui revendiquait le soutien d’Edouard Philippe. Enfin l’ex-premier ministre Manuel Valls à Evry, dans l’Essonne, a annoncé peu après 22h15 sa réélection avec 139 voix de plus que son adversaire a France insoumise, un score très serré (Valls 50,3%), avec une participation très faible à 38,6%. Des incidents se produiraient actuellement à la mairie d’Evry, ces résultats serrés étant apparemment contestés. Cédric Villani le mathématicien Médaille Fields est lui aussi élu dans l’Essonne (avec 70% des voix!). Comme Nicolas Dupont-Aignan, malgré la fronde qui avait accueilli son ralliement au Front national après le premier tour de la présidentielle.

Les chiffres de 22h00

361 sièges pour LREM

126 Les Républicains et UDI

46 Le PS et ses alliés

26 La France insoumise et le PC

8 Le Front national

■ 21h40. Notre commentaire: Emmanuel Macron, un plébiscite sous surveillance

■ 20h55. A Matignon: «La victoire est claire, et elle nous oblige»

Edouard Philippe: «Ce dimanche vous avez donné une majorité franche au président… Vous avez choisi l’espoir plutôt que la colère […] L’abstention n’est jamais une bonne nouvelle pour la démocratie. Pour le gouvernement, ce sera une ardente obligation de réussir. Ce soir s’ouvre le temps de l’action…»

■ 20h50. Le discours extrême de Jean-Luc Mélenchon

«Grève générale civique»: voici comment le leader de la France insoumise, élu à Marseille, qualifie l’abstention record constatée aujourd’hui, estimant que le parti présidentiel élu est illégitime car très minoritaire. Il confirme qu’avec le Parti communiste, la France insoumise sera en mesure de former un groupe à l’Assemblée (>30 députés) et qu’elle portera la contestation face au mouvement présidentiel. Enfin il appelle dans le pays, «les villes les campagnes, la formation […] d’un nouveau Front populaire politique social et culturel»

■ 20h40 Marine Le Pen élue à Hénin-Beaumont: «La recomposition arrive»

C’est la première fois que la cheffe du parti d’extrême droite fera son entrée au parlement français (elle était élue au Parlement européen). «Nous étions présents dans 120 circonscriptions, et avons déjà 6 élus dont 5 dans le bassin minier…» La cheffe du FN a remis en cause une nouvelle fois le manque de représentativité du scrutin majoritaire à deux tours comme il est pratiqué, réclamant la mise en place de la proportionnelle, pour rendre justice aux excellents scores de son parti à la présidentielle (21% au premier tour). «Le PS est décimé, les Républicains sont durement diminués en plus d’être divisés… la recomposition arrive.»

■ En Suisse. Victoire sans appel du candidat macroniste Joachim Son-Forget

Le radiologue du CHUV est élu avec 75% des voix dans la 6e circonscription des Français de l’étranger, un score sans appel contre la sarkozyste Claude Schmidt

■ Le sort des ministres: Bruno Lemaire, Richard Ferrand, Christophe Castaner sont élus. Ainsi que Richard Ferrand, malgré l’affaire des Mutuelles de Bretagne.

■ Les autres partis

Le Front national devrait finalement compter 8 députés, France Insoumise et Parti communiste totaliseraient 30 sièges et pourraient former un groupe parlementaire, enfin Les Républicains obtiendraient 125 sièges selon les instituts de sondages.

■ 20h15 «La déroute du PS est sans appel» pour Jean-Christophe Cambadelis

Le patron du Parti socialiste a été l’un des premiers à réagir pour tirer la leçon de cette série de scrutins. Le président «a tous les pouvoirs» a estimé Jean-Christophe Cambadelis, qui a évoqué un pouvoir «vertical, absolu». Il a rappelé l’importance du dialogue et de l’écoute et insisté sur l’importance du défi qui se présentait aujourd’hui à la gauche. Enfin le patron du PS a aussi annoncé qu’il quittait son poste.

Le PS et ses alliés, largement majoritaires dans la précédente législature, auraient une cinquantaine de postes (34 pour le PS) selon les premières estimations.

■ 20h00. Large majorité pour La République en marche

Sur 577 sièges, plus de 355 reviennent au parti présidentiel mais la droite sauve les meubles avec plus de 120 sièges, bien plus que ce qui avait été prévu dans les dernières enquêtes.

■ 19h40Tsunami confirmé?

L’abstention record, pire configuration pour les instituts de sondages français? Alors que de premières sources donnaient une droite française plus solide que prévu pour ces législatives, d’autres premiers sondages consultés par Le Temps montrent que la vague Macron s’est bien transformée en tsunami parlementaire. A moins d’une heure de la fermeture des bureaux de vote dans les grandes villes, et alors que le dépouillement a commencé ailleurs depuis 18 heures, La République en marche (LREM), parti du président français Emmanuel Macron, est créditée par un sondage de l’institut Elabe de 458 à 468 sièges, soit un record absolu sous la Ve République. Un résultat bien sûr qu’il faudra affiner au fur et mesure des résultats provisoires partiels qui vont commencer à tomber dès 20h00.

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19h00. La droite bien positionnée?

18h30. Un peuple qui donne les pleins pouvoirs ou qui vote avec ses pieds?

(Par Richard Werly, au siège de La République en marche, LREM). Profils bas au QG de La République en marche!, le mouvement d’Emmanuel Macron. La victoire, ils le savent, est ce soir au bout des urnes. Une victoire massive, qui selon les quelques sondages réalisés ce dimanche, devrait permettre à la formation présidentielle de dépasser largement les 400 députés. Mais comment célébrer, alors que 40% seulement des électeurs se seront sans doute déplacés pour voter, lors de la fermeture des derniers bureaux de vote à 20h? Comment analyser ce colossal vote de confiance alors même que la France, de nouveau, apparaît divisée en deux. L’une, résolue à donner au président les moyens de changer le pays et d’imprimer vite sa marque sur son quinquennat. L’autre, dubitative, inquiète, lassée aussi de ces élections à répétition depuis le premier tour de la primaire de la droite, début novembre 2016.

«On se trompe si l’on pense que tout est joué. Oui, nous allons ce soir obtenir les leviers du pouvoir, mais il faudra se montrer toujours plus pédagogue», explique un collaborateur de Catherine Barbaroux, la présidente de La République en marche. Pour se rassurer, un petit groupe de militants a dressé, sur un coin de table, la liste des circonscriptions symboles: celles qu’il faut à tout prix gagner, pour démontrer que la vague Macron a bien déferlé sur la France. En tête? Les «circos» du Front national: celle du sortant Gilbert Collard dans le Gard, celle de Marine le Pen à Hénin-Beaumont, dans le Pas-de-Calais, celle de Florian Philippot à Forbach, en Moselle et celle de Louis Aliot, à Perpignan. «On doit mettre le FN K-O, c’est essentiel» poursuit un volontaire du mouvement présidentiel.

Emmanuel Macron l’a confié ces derniers jours à ses proches: une abstention massive formera une première tache sur sa formidable conquête politique du pays. Il lui faudra s’escrimer pour l’atténuer, d’abord avec un remaniement gouvernemental ces prochains jours, pour consolider l’assise du premier ministre Edouard Philippe, qui s’est beaucoup dépensé auprès des candidats de la majorité cette semaine. Puis il y aura le message politique. Dans la soirée, le chef de l’Etat français s’est ainsi déjà entretenu avec Angela Merkel pour évoquer la récente décision de l’Eurogroupe de débloquer une nouvelle tranche d’aide à la Grèce. La politique nationale, bien sûr, a fait partie de la conversation avant le sommet européen qui se tiendra à Bruxelles les 22 et 23 juin. Il s’agira de la première grande sortie européenne d’Emmanuel Macron, quelques jours après le début formel des négociations sur le Brexit, qui s’ouvriront ce lundi.

■ 17h00 Participation en berne

La participation au second tour des élections législatives françaises était en net repli en milieu d’après-midi, à 35,33% contre 40,75% à la même heure le 11 juin, selon le décompte du Ministère de l’intérieur.

Les personnalités ont voté tôt, comme le président Macron, au Touquet (Hauts-de-France), le premier ministre Edouard Philippe au Havre (Normandie), les ministres Richard Ferrand à Motreff (Bretagne) et Bruno Le Maire à Evreux (ouest de Paris), la présidente du Front national Marine Le Pen à Hénin-Beaumont (Hauts-de-France) ou l’ancien président PS François Hollande à Tulle (Corrèze, centre).

1146 candidats, dont 40% de femmes, s’affrontent dans 572 duels et une triangulaire pour tenter de décrocher l’un des 573 sièges encore en jeu pour un mandat de cinq ans.

Quatre députés seulement ont été élus dès le premier tour, conséquence de la forte abstention (rappel de la règle: il fallait obtenir 50% des voix et 12,5% des inscrits pour l’emporter dès le 1er tour. A défaut, sont sélectionnés les deux meilleurs classés. Au second, le meilleur score l’emporte).


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