La vidéo de l’exécution, diffusée par le centre américain de surveillance des sites islamistes SITE, est intitulée «un nouveau message à l’Amérique et à ses alliés». Elle a été réalisée selon le même scénario que lors des exécutions précédentes de deux Américains et d’un Britannique.

Alan Henning, 47 ans, un chauffeur de taxi qui s’était porté volontaire pour acheminer de l’aide humanitaire en Syrie, y est vêtu de la même tenue orange que les victimes précédentes, qui rappelle les tenues des prisonniers de Guantanamo.

Il ne prononce qu’une brève phrase avant que son bourreau, vêtu de noir et le visage masqué comme les fois précédentes, ne reprenne la parole pour accuser le parlement britannique d’être responsable de sa mort.

Le bourreau, dont la voix semble avoir été altérée électroniquement, a néanmoins un accent britannique et semble être le même, selon SITE, que celui qui a assassiné l’otage britannique David Haines mi-septembre.

A la fin de cette vidéo, qui ne dure qu’une minute et onze secondes, le groupe EI présente un autre otage américain, Peter Kassig, et menace d’en faire sa prochaine victime.

«Le meurtre brutal d’Alan Henning par l’Etat islamique ne fait que montrer à quel point ces terroristes sont barbares et repoussants», a réagi le Premier ministre britannique David Cameron.

«Le fait d’avoir été pris en otage au moment où il était en train de vouloir aider les autres, et maintenant d’avoir été assassiné, montre que la perversion de ces terroristes de l’Etat islamique est sans limites», a-t-il ajouté.

Le président américain Barack Obama a condamné un «meurtre brutal» et promis «de continuer à prendre des actions décisives pour affaiblir et à terme détruire l’EI», aux côtés des pays de la coalition.

Le président français François Hollande s’est dit «indigné» par ce «crime odieux» et a promis qu’il «ne restera pas impuni».

Les Britanniques ont rejoint la coalition menant des frappes en Irak après le feu vert donné par le parlement le 26 septembre.

Une manifestation contre cette intervention est prévue samedi à Londres, à l’appel de Stop The War.

Kobané assiégée

Les islamistes de l’EI poursuivaient par ailleurs le siège de la ville de Kobané, où les forces kurdes syriennes opposaient une résistance désespérée.

La prise de cette ville, où il ne resterait plus que quelques milliers de civils, permettrait au groupe extrémiste de contrôler sans discontinuité une longue bande de territoire frontalière de la Turquie.

«Nous ferons tout ce que nous pourrons pour que Kobané ne tombe pas», a affirmé le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu au lendemain du feu vert du parlement turc à une action militaire contre l’EI en Syrie comme en Irak et au stationnement sur son sol de troupes étrangères.

Si M. Davutoglu a cependant ajouté qu’»aucune décision n’a été prise sur une éventuelle action militaire», la Syrie a jugé que «la politique déclarée» du gouvernement turc représentait «une véritable agression».

Kobané, appelée Aïn al-Arab en arabe, a vécu son bombardement le plus violent depuis le début de l’assaut jihadiste, avec au moins 80 obus de mortier tirés par l’EI, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Depuis plusieurs jours, les jihadistes se sont rapprochés à partir de trois axes de Kobané, défendue tant bien que mal par des membres des Unités de protection du peuple (YPG, principale milice kurde), inférieurs en nombre et moins bien armés.

Dans la soirée, la chaîne d’information CNN-Türk a rapporté plusieurs frappes de la coalition contre des positions de l’EI autour de Kobané.

L’armée irakienne gagne du terrain

En Irak, l’armée a gagné du terrain vendredi en reprenant Dhoulouiya, au nord de Bagdad, où des combats font rage depuis quatre mois entre jihadistes et forces gouvernementales alliées à des tribus sunnites, selon le porte-parole du ministère de la Défense, Mohammed al-Askari. Des combattants tribaux ont cependant indiqué que la ville n’était pas entièrement libérée.

Toujours au nord de la capitale, l’armée irakienne est également parvenue à reprendre une dizaine de villages, mais a été mise en échec à l’ouest de Bagdad par les jihadistes qui ont pris le contrôle d’une partie de la ville de Hit dans la province d’Al-Anbar, où l’emprise des forces gouvernementales ne cesse de diminuer.

Des avions de combat néerlandais pourraient commencer leurs opérations en Irak «dès ce week-end», a prévenu le gouvernement des Pays-Bas. La Maison blanche a salué ce déploiement dans un communiqué.

Par ailleurs, un soldat des Marines, tombé en mer mercredi après s’être éjecté de son avion victime d’une défaillance au décollage, est le premier militaire américain décédé dans la campagne des Etats-Unis contre l’EI.