Nul doute que l’éviction du premier ministre malaisien, Najib Razak, cette semaine, a été accueillie avec soulagement à Berne. L’homme politique déchu est en effet au cœur du scandale 1MDB, du nom d’un fonds souverain malaisien délesté de plus de 4 milliards de dollars, notamment par celui qui était son homme d’affaires attitré, Jho Low.

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Najib Razak, sa femme et son gendre sont personnellement soupçonnés d’avoir bénéficié des fonds détournés, sous forme d’argent liquide, de bijoux et de financements politiques ou commerciaux. Le premier milliard siphonné, dans le cadre d’une joint-venture avec l’entreprise pétrolière saoudo-genevoise Petrosaudi, aurait en partie servi à financer la réélection de Najib Razak en 2013.

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Les fonds détournés sont en grande partie passés par la Suisse, et le Ministère public de la Confédération enquête sur l’affaire depuis bientôt trois ans. Il a notamment inculpé deux anciens dirigeants du fonds 1MDB. Mais il s’est heurté au refus systématique de la Malaisie de répondre à des demandes d’entraide, ou simplement de coopérer à ses recherches.

Récupérer l’argent

L’enquête sur le volet Petrosaudi, entre autres, aurait été ralentie par l’obstruction de la Malaisie, qui a forcé les enquêteurs suisses à reconstituer seuls le parcours des fonds. Il a fallu plus de deux ans d’enquête pour notifier des charges à deux dirigeants de l’entreprise pétrolière.

Mais les choses pourraient s’accélérer. Le revenant de la politique malaisienne, Mahathir Mohamad, qui a supplanté Najib Razak au poste de premier ministre, a promis cette semaine de rouvrir l’enquête sur le pillage du fonds souverain. «Nous pensons pouvoir récupérer l’essentiel de l’argent de 1MDB», a déclaré Mahathir Mohamad, cité par le Financial Times.

Pour cela, il faudra coopérer avec les Etats qui abritent ou ont vu transiter ces fonds. Comme la Suisse. Le Ministère public de la Confédération «se tient […] à disposition afin d’amorcer une coopération internationale avec la Malaisie», indique son porte-parole romand, Anthony Brovarone.