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La force de Brigitte Macron, depuis un an à l’Elysée, est de n’avoir jamais versé dans une fausse austérité.
© STEPHANE MAHE / Reuters

France

L'Elysée, coté Brigitte

L’épouse du chef de l’Etat français a réussi, en un an, à incarner la fonction de «première dame» qui n’existe pas officiellement. Un succès dû à son souci constant de garder le contact avec le pays réel

Ce n’est pas une photo volée. Mais cela y ressemble, juste comme il faut. 23 mars 2018, du côté de Saint-Brieuc, chef lieu du département breton des Côtes d’Armor: Brigitte Macron est en bout de table, devant une tasse de thé et des gâteaux «faits maison». A ses côtés? Cinq femmes du collectif «Paroles d’agricultrices», d’abord rencontrées en février, lors du salon de l’Agriculture à Paris. Son président de mari y avait été sifflé. Son algarade filmée avec un militant paysan, défenseur haut et fort de la cause des cheminots, avait fait l’actualité du jour. Brigitte «l’affranchie» (1) a pour sa part tenu parole: «C’est une prof qui veut et aime comprendre explique un éditorialiste qui la connaît bien. Macron n’a pas à ses côtés une militante, comme le fut par exemple Danielle Mitterrand, mais une décodeuse».

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Modèle intellectuel

«L’atout» Brigitte est surtout évident à l’étranger. En Inde au mois de mars, l’escapade romantique (et sans journalistes) du couple au Taj Mahal, a fait exploser l’audience de Zee TV, la principale chaîne de divertissement qui, pour le coup, avait organisé une édition spéciale. Mais gare: l’intéressée ne se regarde pas dans le seul miroir présidentiel. Celle qui, dans la ville balnéaire nordiste du Touquet où le couple a sa résidence principale, continue de fréquenter les magasins locaux (elle loue d’ailleurs un fonds de commerce), ne se voit pas comme une Jackie Kennedy sexagénaire. Son modèle intellectuel, paradoxalement, se situerait plutôt entre Nancy Reagan et Barbara Bush. La première, poisson pilote de son époux dans les réseaux washingtoniens, et ultime conseillère. La seconde (récemment décédée), engagée avec passion dans la lutte contre l’analphabétisme.

Car Brigitte est politique. A sa manière. Cordiale, attentive, elle «contrebalance l’impression de froideur que dégage son mari, rendu moins empathique par sa fonction malgré son tempérament cordial», résumait voici peu à RTL Maëlle Brun, auteure d’une de ses biographies. Son autre arme est son style, très étudié. A la fois sobre et classieux. Nicolas Ghesquière, directeur artistique de Louis Vuitton, veille au grain avec la communicante Michèle Marchand, surnommée la «Mata Hari» de la presse people.

La première année de mandat de Hollande a été minée par sa relation empoisonnée avec Valérie Trierweiler. Or sur Macron, aucune rumeur.

Michèle Cotta, journaliste

L’ancienne professeure de français, qui enseigna longtemps dans des établissements privés catholiques (en particulier au lycée parisien Saint-Louis de Gonzague) a hérité de sa famille bourgeoise les codes vestimentaires de la fonction de première dame. Mais sa force, depuis un an à l’Elysée, est de n’avoir jamais versé dans une fausse austérité: «Anne-Aymone Giscard d'Estaing s’était laissé éteindre par la présidence. Il lui faudra batailler pour garder sa flamme», mettait en garde, lors de la campagne, la journaliste Michèle Cotta. Ce qu’elle a réussi à faire avec l’aide de son mari: «Giscard était un coureur de jupons avant d’accéder à l’Elysée, poursuit un historien familier de la vie politique Française. Idem pour Mitterrand, Chirac, et dans une certaine mesure Sarkozy. La première année de mandat de Hollande a été minée par sa relation empoisonnée avec Valérie Trierweiler. Or sur Macron, aucune rumeur.» De quoi rassurer son épouse, et lui permettre d’avoir les coudées plus franches dans le Tout-Paris de la culture, que cette amatrice de théâtre aime fréquenter.

Lire également: «France is back», principal agenda diplomatique

Un seul «bug» a failli compliquer la machine conjugale présidentielle: la pétition signée par 250 000 personnes contre la création d’un statut de «première dame», qu’Emmanuel Macron s’était promis de clarifier. Fin 2017, l’Elysée a donc reculé, affirmant que Brigitte ne disposera pas d’un «budget dédié». Fait significatif, l’intéressée a deux hommes pour conseillers, dont son directeur de cabinet Pierre Olivier Costa, énarque et juriste passé par le Centre Pompidou et la Mairie de Paris. L’équipe des conseillers présidentiels est, elle aussi, majoritairement masculine, En un an, Brigitte Macron s’est imposée comme l’unique reine du Palais présidentiel.


A lire:

Maëlle Brun, Brigitte Macron, l’affranchie, L’Archipel

Fabienne Cassagne, Brigitte Macron, la confidente, City

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