Promesse tenue. Mais tour de passe-passe annoncé. Lorsqu’il promet, le 26 avril 2019, de «mettre fin aux grands corps de l’Etat» et de «supprimer entre autres l’ENA […] pour bâtir quelque chose qui fonctionne mieux», Emmanuel Macron veut répondre à l’insurrection sociale et anti-élites des «gilets jaunes». Le grand débat national est passé par là. La colère populaire et celle des élus locaux envers la haute administration centralisatrice qui gère la France depuis Paris s’étalent au grand jour.

Le président français, sorti en 2004 dans la «botte» (parmi les premiers) de l’Ecole nationale d’administration, promotion Léopold Sédar Senghor – avant d’intégrer la prestigieuse Inspection des finances – a trouvé un bouc émissaire et un «totem», mot qu’il affectionne. Résultat, après deux ans et quelques zigzags: l’annonce ce jeudi en visioconférence, devant environ 300 hauts fonctionnaires, de la suppression de l’école la plus célèbre de la République, qui sera remplacée à partir de janvier 2022 par un Institut du service public.