Face à des situations sanitaires disparates au sein de leurs pays, les hommes et femmes politiques de l’Union européenne annoncent des mesures hétérogènes. Les plus retentissantes sont celles prises par l’Autriche et le Danemark. Ces deux nations ont décidé d’assouplir les restrictions en vigueur pour lutter contre le nouveau coronavirus.

Portes ouvertes

L’Autriche a pris les devants ce lundi 6 avril en dévoilant dans la matinée un plan détaillé. «Notre but est désormais de sortir [de cette crise] plus vite que les autres», a déclaré le chancelier Sebastian Kurz. Ainsi, les commerces pourront reprendre leurs activités entre le 14 avril et le 1er mai. Dès le 15 mai, les hôtels et restaurants pourront aussi rouvrir leurs portes. Les manifestations culturelles ne seront pas autorisées avant le mois de juillet et les écoles resteront fermées jusqu’à la mi-mai.

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Au Danemark, les jardins d’enfants et les écoles primaires seront rouverts à partir du 15 avril, suivis, le 10 mai, par les collèges et lycées. Les rassemblements de personnes seront interdits jusqu’au mois d’août. «Nous devons avancer un pas après l’autre», a indiqué dans la soirée la ministre danoise Mette Frederiksen.

De son côté, la République tchèque a décidé que les espaces sportifs seraient de nouveau accessibles aux citoyens dès le 7 avril, ainsi que les commerces dans le courant de la semaine. «Nous avons réussi à stabiliser l’épidémie», a affirmé ce lundi Roman Prymula, vice-ministre de la Santé. Le lendemain, la Norvège a annoncé la réouverture des crèches et des écoles du pays dès le 20 avril.

Une sortie non coordonnée

Ce mardi 7 avril, et suite à ces annonces, la Commission européenne, qui devait présenter le lendemain sa feuille de route pour une sortie coordonnée de la période de confinement, a préféré reporter la communication de ses recommandations. L’Organisation mondiale de la santé a également appelé les pays à ne pas lever les mesures trop tôt afin d’éviter une rechute.

D’autres pays de l’UE sont plus réservés quant au retrait des mesures instaurées. C’est le cas en Italie, où Roberto Speranza, ministre de la Santé, a rappelé dans Il Corriere della Sera que «l’urgence n’est pas finie. Le danger n’a pas disparu.» Même son de cloche du côté de son homologue français, Olivier Véran: «Le confinement durera aussi longtemps qu’il est nécessaire qu’il dure.»

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En Belgique, la première ministre Sophie Wilmès a rappelé que le chemin vers la sortie du confinement serait long. L’Espagne et le Portugal espèrent eux aussi une sortie progressive et pour ce faire ont décidé de maintenir les mesures mises en place. En Allemagne, la chancelière Angela Merkel a martelé ce lundi que «nous serions un mauvais gouvernement si nous fixions dès maintenant une date».