Pour comprendre les motifs qui ont poussé l’Américain d’origine afghane Omar Seddique Mateen à abattre 49 personnes et à en blesser 53 dans un club gay d’Orlando, les enquêteurs s’intéressent de plus près à une personne: l’épouse du tueur présumé.

Née dans une famille d’origine palestinienne vivant en Californie, Noor S. a déclaré au FBI avoir conduit son mari un soir du début juin au Pulse Club, la boîte de nuit où il s’est fait l’auteur d’un carnage. Apparemment, il avait l’intention de faire «le nettoyage». Elle l’a aussi accompagné quand il a acheté des munitions. Mais elle aurait tenté en vain de le dissuader de semer la terreur samedi soir avant qu’il ne parte pour Orlando, à deux heures de chez lui. Il lui aurait alors expliqué qu’il allait chez des amis.

Des informations cachées

S’il s’avère qu’elle n’a pas divulgué à la police des informations qu’elle détenait au sujet des possibles intentions terroristes de son mari, elle pourrait être inculpée. Les enquêteurs s’interrogent sur le couple lui-même. Noor S. a épousé Omar Seddique Mateen en 2011. Ce dernier venait de divorcer de sa première femme qu’il battait. Noor S. était-elle aussi battue? Dans un tel cas, une inculpation serait moins probable.

Quant à la personnalité du tueur présumé, elle se complexifie. Si les autorités ont d’abord pensé à une radicalisation typique des loups solitaires qui se réclament du groupe djihadiste de l’Etat islamique, elles ne sont plus si sûres qu’il s’agit là de la seule raison l’ayant incité à tirer sur plus de cent personnes dimanche matin.

Plus familier des milieux homosexuels qu’il n’y paraît

Cet Américain d’origine afghane de 29 ans était manifestement plus familier des milieux homosexuels qu’il n’y paraît. Il utilisait l’application Jack’d de rencontres gays. Au Pulse Club d’Orlando, plusieurs clients disent l’y avoir vu plusieurs fois. L’un d’eux a déclaré qu’Omar S. Mateen cherchait à flirter avec des hommes. D’autres relèvent qu’il buvait parfois seul dans son coin ou qu’il cherchait la bagarre quand il était un peu ivre. Abordé, il répondait qu’il avait une femme et un fils.

L’ex-femme du tueur présumé a aussi longuement parlé aux médias américains. Incapable de dire si son ex-mari était gay ou non, elle se souvient néanmoins avoir entendu son beau-père et son mari parler. Au cours de la conversation, elle a entendu le mot «kuni» en farsi (pédé en français) sans avoir l’impression qu’il s’agissait d’une plaisanterie. Certains comportements lui paraissaient aussi inhabituels pour un hétérosexuel. Un ancien camarade de classe a aussi témoigné. Selon lui, Omar Seddique Mateen lui aurait fait des avances. Pour les enquêteurs, les problèmes identitaires et d’orientation sexuelle de ce dernier pourraient aussi expliquer la fusillade.


Correction: Une version initiale de cet article était illustrée avec la photo de la première femme d'Omar Seddique Mateen et pas son épouse actuelle, Noor S, qui intéresse les enquêteurs. Nos excuses pour cette erreur.


A ce sujet