Pressé par les milliers d'indigènes qui manifestent et bloquent une partie du pays depuis deux semaines, le président équatorien a annoncé, dimanche, une baisse du prix des carburants. «J'ai décidé de réduire le prix de l'essence de 10 cents (de dollar) par gallon (3,78 litres) et le prix du diesel également de 10 cents le gallon», a déclaré Guillermo Lasso dans une allocation radio-télévisée. Cette réponse est inférieure aux demandes des indigènes.

Depuis le 13 juin, ils sont des milliers à être mobilisés dans tout le pays pour protester contre la hausse du coût de la vie et exiger notamment une baisse des prix des carburants. Les violences entre manifestants et forces de l'ordre ont fait cinq morts, selon une ONG des droits de l'Homme.

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La production de pétrole en Equateur est à un «niveau critique» et cessera d'ici 48 heures si les manifestations et blocages se poursuivent, avait affirmé dimanche le ministère de l'Energie, parlant d'une production déjà réduite ce jour à 50% de la normale.

«(...) Le vandalisme, la saisie des puits et la fermeture des routes ont empêché le transport des fournitures et du diesel nécessaires au maintien des opérations», selon le ministère. Le pétrole, extrait dans les provinces amazoniennes, est le premier produit d'exportation du pays. «Les pertes économiques dans leur ensemble (...) s'élèvent à 500 millions de dollars», selon le ministre de la Production, Julio José Prado.

Une destitution débattue

En parallèle, les députés équatoriens ont repris, dimanche, leur débat sur une destitution éventuelle de Guillermo Lasso. A la demande de députés soutenant l'ancien président socialiste Rafael Correa (2007-2017), le parlement monocaméral examine depuis samedi soir cette destitution, que des députés d'opposition rendent responsable de la «grave crise politique» qui secoue le pays depuis le 13 juin.

Une majorité de 92 voix sur 137 est nécessaire pour que la procédure de destitution soit adoptée, alors que l'opposition est majoritaire mais divisée au sein de l'Assemblée.

Le chef de l'Etat, un ancien banquier au pouvoir depuis mai 2021, a délégué son secrétaire juridique Fabio Pozo pour le représenter devant l'assemblée.

Une tentative de dialogue sans résultat

La journée de dimanche a été calme, sans cortège dans les rues de la Quito, où les manifestants sont restés se reposer notamment dans un centre culturel indigène et dans deux universités qu'ils occupent.

Le leader du mouvement, Leonidas Iza, le chef de la Confédération des nationalités indigènes (Conaie, fer de lance des manifestations), s'est exprimé devant quelques-uns de ses partisans dans le parc Arbolito, l'un des coeurs de la contestation, promettant la poursuite des manifestations. «Demain nous allons nous réunir pour continuer à nous battre dans les rues, aujourd'hui nous allons nous réorganiser», a lancé Leonidas Iza.

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Samedi soir, Guillermo Lasso a mis fin à l'état d'urgence déclaré huit jours auparavant dans six des 24 provinces du pays, les plus touchées par les manifestations, selon un nouveau décret publié par le bureau du président. Le jour-même, une première tentative de dialogue entre dirigeants du mouvement indigène dont Leonidas Iza et plusieurs ministres du gouvernement, s'est tenu sous les auspices du président de l'Assemblée, Virgilio Saquicela. Mais sans résultat ou la moindre avancée jusqu'à cette heure.

Depuis Rome, le pape François a appelé au calme dimanche: «je suis avec inquiétude ce qui se passe en Equateur», a dit le pape juste après sa traditionnelle prière dominicale de l'Angelus. «J'encourage toutes les parties à abandonner la violence et les positions extrémistes», a-t-il ajouté, «apprenons (que) la paix sociale ne peut être trouvée que par le dialogue, bientôt je l'espère».