A la Diplomatie: Hillary Clinton, l'ancienne rivale, avec laquelle Barack Obama a croisé le fer pendant presque deux ans. A la Sécurité nationale: James Jones, un général à la retraite qui servait notamment de conseiller militaire au républicain John McCain mais qui a toujours montré une forte indépendance d'esprit. Au Pentagone: le maintien de Robert Gates, ce républicain qui, depuis trois ans, gère au quotidien une guerre d'Irak à laquelle le futur président a promis de mettre rapidement un terme...

Le «cabinet de guerre» présenté lundi par Barack Obama a de quoi décontenancer ceux qui espéraient que le président élu fasse table rase du passé. Au contraire, ceux qui comptaient qu'il respecte sa promesse de former un gouvernement aussi large que possible seront ravis: «Je crois profondément dans les personnalités fortes et les décisions fortes», a expliqué Obama. «Nous partageons tous une vision fondamentale», poursuivait-il en sous-entendant qu'il avait choisi des personnalités pragmatiques au risque qu'elles ne se montrent pas toujours d'accord entre elles sur les «détails» de la politique à mener.

Ce groupe, immédiatement qualifié «d'équipe de rivaux» en référence à ce qu'avait fait autrefois Abraham Lincoln, est encore complété parmi d'autres par la gouverneure de l'Arizona Janet Napolitano à la «Homeland Security», par Eric Holder comme ministre de la Justice et par Susan Rice au poste très sensible de représentante américaine aux Nations unies.

«Les défis en matière de sécurité nationale sont tout aussi graves et urgents que notre crise économique», expliquait encore le président élu entouré de sa nouvelle équipe, en citant pêle-mêle «deux guerres», des vieux conflits non résolus, le danger de la prolifération nucléaire ou la dépendance américaine vis-à-vis du pétrole étranger qui «fortifie des gouvernements autoritaires et met en danger notre planète».

Le cœur de valeurs fondamentales que seront chargées de défendre ces personnalités? «Il est temps maintenant de regagner le leadership américain dans toutes ses dimensions», répondait Barack Obama, en faisant plusieurs fois allusion au fait qu'il s'agit de trouver l'équilibre entre «le maintien de la puissance militaire la plus importante de la planète» et l'emploi «de la sagesse de notre diplomatie».