«Sachant que la surveillance de la radioactivité est une condition majeure pour assurer la sécurité, ce type d’erreur est absolument inacceptable», a fustigé Yukio Edano, le porte-parole du gouvernement. «Le gouvernement a ordonné à Tepco de ne pas recommencer», a-t-il ajouté. Dimanche, Tokyo Electric Power (Tepco) avait annoncé qu’un niveau de radioactivité 10 millions de fois plus élevé que la normale avait été mesuré dans de l’eau échappée de la centrale. Ce chiffre alarmiste avait été repris en boucle par les médias japonais et du monde entier, alimentant davantage la psychose concernant la centrale de Fukushima Daiichi (Fukushima N° 1).

A la centrale, la situation restait toujours incertaine, 17 jours après l’arrêt des systèmes de refroidissement consécutif au tsunami du 11 mars.

Lundi, les ouvriers de Tepco s’efforçaient d’évacuer de l’eau radioactive découverte dans les salles des machines. Une radioactivité de 1000 millisieverts a été mesurée dans un échantillon prélevé dans une nappe d’eau au sous-sol de la salle de la turbine du réacteur 2, un taux extrêmement dangereux pour la santé.

Jeudi, trois employés ont été exposés à d’importantes radiations en marchant dans de l’eau stagnant sur le sol de la salle des machines du réacteur 3, mesurée à 180 millisieverts. Des nappes identiques, dues vraisemblablement à des fuites venant du réacteur, ont été également découvertes derrière les réacteurs 1 et 4.

Les trois hommes, dont deux ont reçu une dose de radioactivité au niveau des chevilles car ils n’étaient chaussés que de bottines en caoutchouc, devaient quitter lundi l’établissement spécialisé où les médecins n’ont pas détecté de danger immédiat pour leur santé. Le personnel de Tepco tentait de pomper cette eau, afin de pouvoir reprendre les opérations visant à relancer le système de refroidissement des réacteurs.

La centrale, située à 250 km au nord-est de Tokyo, a été gravement endommagée par le séisme et le tsunami. Les systèmes de refroidissement de quatre réacteurs sont depuis en panne, entraînant de multiples incidents et des rejets radioactifs.