«Tous les vols en direction du Royaume-Uni ont été annulés», a annoncé l’attaché de presse de l’Aéroport International de Genève Bertrand Stämpfli. «Le trafic est sévèrement perturbé.» Une centaine de vols ont été annulés, annonçait-il à 17h30. De nombreux avions, censés faire l’aller- retour, sont comptés deux fois.

Le nuage de cendres volcaniques provoqué par une éruption volcanique en Islande, lui, poursuit sa descente vers le sud. Un expert des services météorologiques britanniques a annoncé que le nuage se dirigeait vers le sud. «Mais il est impossible de dire jusqu’où il ira», a-t-il précisé, ajoutant qu’il «pourrait menacer ces régions jusqu’à jeudi ou vendredi». Bertrand Stämpfli continue: «Il n’est pas impossible qu’il arrive en Suisse demain» Ce qui fermerait notre espace aérien, aussi.

Des perturbations à travers l’Europe

Car au nord, la plupart des espaces aériens sont fermés. Il y a danger: les cendres en suspension peuvent endommager les réacteurs. L’espace aérien britannique est fermé jusqu’à vendredi au plus tôt. Les vols des aéroports londoniens d’Heathrow, le plus important au monde en terme de trafic, de Gatwick ou Stansted sont tous annulés.

L’espace aérien des Pays-Bas était progressivement fermé jeudi après-midi en raison de l’arrivée sur le nord de l’Europe de nuages de cendres, a annoncé l’autorité néerlandaise chargée du contrôle aérien. L’espace aérien belge sera progressivement fermé jeudi jusqu’à ce que le nuage de cendres soit passé, a annoncé le secrétaire d’Etat belge.

En Norvège, où les premiers vols ont été suspendus dès mercredi soir, l’ensemble du trafic aérien a été interrompu jeudi matin, y compris à Oslo et dans les autres grandes villes, Trondheim et Bergen. En Suède, le trafic a été interrompu dans la pointe nord du pays, mais les autorités envisagent de fermer d’autres aéroports du centre et des perturbations sont à prévoir ailleurs, notamment à Stockholm, selon Björn Stenberg, porte-parole de l’autorité suédoise chargée du trafic aérien. Le nord de la Finlande est également touché.

Au moins 122 vols au départ de l’Espagne vers l’Europe du nord ont été annulés jeudi à la mi-journée, a déclaré l’autorité aéroportuaire espagnole Aena. A 12h30, un total de 122 vols vers le Royaume-Uni, l’Irlande, la Norvège, le Danemark, la Finlande et la Suède ont été annulés, a déclaré une porte-parole d’Aena. Un total de 115 vols en provenance de ces pays ont aussi été annulés, a-t-elle précisé, ajoutant que les chiffres allaient être actualisés dans l’après-midi.

Même Vladimir Poutine, Premier ministre russe, a dû ajourner son déplacement à Mourmansk à cause de ce nuage.

Le trafic était également perturbé, mais dans une moindre mesure, à Dublin, en Irlande. Paradoxalement, l’aéroport de Reykjavik reste lui ouvert, épargné grâce aux vents dominants venant de l’ouest, selon un porte-parole.

Une éruption dangereuse aux conséquences imprévisibles

De gigantesques colonnes de fumée continuaient de s’échapper jeudi du glacier Eyjafjallajokull, dans le sud de l’Islande, dont l’éruption pourrait se prolonger plusieurs semaines, voire plusieurs mois, selon un expert islandais. L’éruption souterraine, tôt mercredi matin, d’un volcan au sommet du glacier avait entraîné d’importantes inondations en raison de la fonte brutale des glaces, ainsi que l’évacuation de quelque 800 personnes.

Un volcan dans la même zone était entré en éruption le mois dernier, offrant un spectacle grandiose de lave en fusion, mais cette fois-ci, le danger est beaucoup plus grand. «Cette éruption est beaucoup plus puissante. Elle dure désormais depuis plus de 24 heures et c’est une éruption explosive», a souligné Magnus Gudmunsson, professeur islandais de géophysique.

«On ne peut pas dire combien de temps l’éruption va durer. C’est extrêmement variable, cela peut aller de plusieurs jours à plus d’un an. Mais si l’on en juge par l’intensité de celle-ci, cela pourrait durer longtemps», a expliqué à Magnus Gudmunsson.