L’histoire

L’Erythrée se prend pour la Corée du Nord

La Corée du Nord aurait toutes les raisons de porter plainte ­contre l’Erythrée pour plagiat. Le régime de la Corne de l’Afrique fait ces jours-ci feu de tout bois pour dénoncer la commission d’enquête de l’ONU qui l’accuse de persécutions massives et de pousser ses habitants à l’exil. La semaine dernière, Asmara mobilisait des milliers de partisans parmi la diaspora sur la place des Nations, à Genève. Face à leur ardeur, les enquêteurs onusiens, qui présentaient leur rapport devant le Conseil des droits de l’homme, ont même dû être placés sous protection par la police suisse. Les diplomates érythréens ne sont pas en reste. Ils se sont fendus d’une lettre au président du Conseil pour s’indigner des «calomnies infâmes» de l’ONU. Des accusations qui «n’entament pas notre détermination de construire une nation prospère et digne». La fin est plus surprenante: «Les manœuvres des forces hostiles qui osent provoquer le système socialiste de la Corée du Nord choisi et consolidé par le peuple coréen n’échapperont pas à une fin honteuse.» Que viennent faire les Nord-Coréens en Erythrée? L’auteur des lignes a tout bonnement copié-collé deux paragraphes d’un communiqué de presse publié par le Ministère des affaires étrangères de Pyongyang datant du 19 février dernier. Entre dictatures, on peut bien se donner un coup de main, non?