En pénétrant dans le siège du Comité international olympique (CIO) à Lausanne, mercredi prochain, Xi Jinping sera sans doute habité d’une émotion particulière: c’est en partie grâce à cette organisation sportive qu’il doit son ascension aux plus hautes fonctions du parti communiste chinois (PCC).

Petit retour en arrière: fin 2007, Xi Jinping est fraîchement élu au Comité permanent du Bureau politique du Comité central du PCC, le coeur du pouvoir alors composé de neuf membres. Il émerge comme l’un des dauphins potentiels du secrétaire-général de l’époque, Hu Jintao. En février 2008, le parti lui confie la responsabilité de la préparation finale des Jeux olympiques de Pékin. A quelques mois de l’inauguration de ces jeux de la démesure, l’essentiel des travaux est depuis longtemps réalisé. Mais la contestation internationale et interne, notamment chez les Tibétains, devient un sérieux problème. Un risque de boycott se fait jour.

JO d’hiver 2022

Au final, les jeux de Pékin seront un extraordinaire succès pour la Chine, pour le parti communiste, pour le CIO… et pour Xi Jinping qui sera désormais en orbite pour le poste suprême. Démonstration s’il en est de l’importance politique des JO pour le pouvoir chinois. Il était donc naturel qu’à l’occasion de cette visite d’État, le président chinois ajoute une étape lausannoise à son périple. Nombre de ministres chinois ont déjà fait le pèlerinage du siège du CIO ou de son musée dont l’aura est très grande en Chine.

Un détour d’autant plus justifié que Pékin a obtenu l’organisation des Jeux olympiques d’hiver 2022. Un choix pour le moins audacieux, la capitale chinoise étant non seulement toujours l’une des villes les plus polluées du monde, surtout en hiver, mais aussi située dans un environnement aride donc peu enneigé. Le poids politique de la Chine et les enjeux commerciaux auront une nouvelle fois fait la différence.

Expertise helvétique

L’annonce de la victoire de Pékin, en juillet dernier, est passée inaperçue contrairement au précédent des JO d’été 2008. Lors de la désignation de Pékin, en 2001, la pression était forte sur la Chine afin qu’elle s’engage à respecter les droits de l’homme et la liberté de travail des journalistes. Une autre époque.

Aujourd’hui, les Chinois viennent chercher en Suisse une expertise dans l’organisation et les installations des sports d’hiver. L’agence Chine nouvelle souligne que cette visite du CIO, une première pour un président chinois, participe de la bonne image de la Chine sur la scène internationale. «Cette visite signale notre soutien à la cause olympique, qui est celle de la paix», écrit l’agence.