Le président équatorien Guillermo Lasso a annoncé, lundi, avoir décrété l’état d’exception pour l’ensemble du pays en raison d’une vague de violence due au trafic de drogue. «Dès maintenant, nos forces armées et notre police seront massivement mobilisées dans les rues», a lancé le chef de l’Etat dans une allocution diffusée par la chaîne publique EcuadorTV. La mesure a été adoptée pour 60 jours en raison d’une «grave commotion interne», selon le décret, et les patrouilles se tiendront nuit et jour.

«Dans les rues de l’Equateur, il n’y a qu’un ennemi: le trafic de drogue», et «ces dernières années, l’Equateur est passé de pays de trafic de drogue à pays qui consomme également de la drogue», a dit Guillermo Lasso, qui a pris ses fonctions en mai dernier.

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Parallèlement au volet sécuritaire, un comité sera mis en place, formé par des représentants de plusieurs ministères du secteur social et des droits de l’homme pour agir en faveur de la prévention et de l’arrêt de la toxicomanie, ainsi que la réinsertion des usagers de drogues.

Le dirigeant de droite avait décidé plus tôt ce lundi de changer de ministre de la Défense, dans un contexte de crise carcérale, en nommant un général à la retraite, Luis Hernandez.

Massacre dans une prison

Entre janvier et août 2021, 1427 homicides volontaires ont été enregistrés dans le pays, soit 55 meurtres de plus que ceux signalés sur l’ensemble de l’année 2020, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur.

L’état d’insécurité «ne se reflète pas seulement dans la quantité de drogues consommées dans notre pays mais aussi dans la quantité de délits qui sont aujourd’hui directement ou indirectement liés à la vente de stupéfiants», a déclaré le président Lasso, qui recevra ce mardi le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, pour parler sécurité et trafic de drogue.

Guillermo Lasso a précisé que plus de 70% des morts violentes survenues dans la province côtière du Guayas, dont la capitale est Guayaquil (ville la plus peuplée du pays), étaient d’une manière ou d’une autre liées au trafic de drogue. Les saisies de drogue entre janvier et octobre ont atteint un record de 147 tonnes contre 128 tonnes en 2020, selon les chiffres officiels.

Fin septembre, une prison du sud-ouest de l’Equateur a été le théâtre du massacre de 119 détenus, dont certains avaient été démembrés ou brûlés, dans de violents affrontements entre gangs rivaux liés aux narcotrafics et aux cartels mexicains et colombiens, une des pires tueries pénitentiaires de l’histoire d’Amérique latine.

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Selon des chiffres officiels, au moins 238 prisonniers ont trouvé la mort depuis début 2021 dans les prisons équatoriennes, surpeuplées et soumises à des violences récurrentes depuis des années.