Les forces soutenues par les Etats-Unis engagées dans l’assaut pour reprendre Raqqa, bastion des djihadistes de l’Etat islamique (EI) en Syrie, ont effectué une percée «majeure» en entrant dans la zone la plus fortifiée de la ville syrienne, a annoncé mardi l’armée américaine.

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Cette avancée des Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance de combattants kurdes et arabes soutenue par Washington, intervient alors que les forces irakiennes sont proches de reprendre Mossoul, dernier bastion urbain de l’EI en Irak.

«Des forces de la coalition ont soutenu l’avance des FDS dans la partie la plus lourdement fortifiée de Raqqa en ouvrant deux brèches dans le mur de Rafiqah qui entoure la vieille ville», a déclaré dans un communiqué le commandement des forces américaines au Moyen-Orient (Centcom).

Farouche résistance à Raqqa

Entrées le 6 juin dans Raqqa, les FDS se sont ensuite emparées de plusieurs quartiers dans l’est et l’ouest de la ville mais se sont heurtés à une farouche résistance des djihadistes au fur et à mesure de leur progression vers le centre.

Elles sont entrées pour la première fois par le sud dimanche, traversant l’Euphrate pour pénétrer dans une nouvelle partie de la ville.

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Dans les combats à proximité du mur historique datant du 8e siècle qui entoure la vieille ville de Raqqa, les FDS ont rencontré une forte résistance des combattants de l’EI qui ont utilisé ce mur comme position de défense et ont posé à proximité des mines et d’autres engins explosifs, a indiqué le Centcom.

«Des frappes ciblées sur deux petites portions du mur ont permis aux forces de la coalition et aux forces associées de pénétrer dans la vieille ville aux endroits où elles l’avaient décidé», a déclaré le Centcom. «Les portions visées étaient des sections de 25 mètres, ce qui permettra de préserver le reste du mur qui est long en tout de 2500 mètres», a indiqué le Centcom.

Il s’agit d’une «étape majeure dans la campagne pour la libération de la ville», s’est félicité dans un tweet l’envoyé américain auprès de la coalition internationale combattant le groupe Etat islamique (EI), Brett McGurk.

L’EI contrôle «moins d’un kilomètre carré» à Mossoul

Dans un tweet précédent, il avait affirmé que «les terroristes de l’EI» contrôlaient «moins d’un kilomètre carré à Mossoul et sont entièrement encerclés à Raqqa», ajoutant que les FDS progressaient sur quatre axes.

Il reste quelques centaines de djihadistes dans leur dernier carré à Mossoul, dont une majorité d’étrangers, a déclaré le lieutenant Sami al-Aridhi, un commandant des forces du contre-terrorisme (CTS).

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Les forces irakiennes ont toutefois du mal à avancer dans la deuxième ville d’Irak, dans cette ultime phase d’une bataille lancée il y a plus de huit mois.

Acculés sur la rive ouest du Tigre, et encerclés de l’autre côté par l’armée et la police, les djihadistes n’ont cessé de reculer depuis le début le 18 juin de l’assaut sur la vieille ville. Selon le lieutenant Aridhi, la fin de la bataille devrait intervenir dans les prochains jours.

«Dans certains quartiers, l’ennemi a recours depuis trois jours à des kamikazes, notamment des femmes», a-t-il déclaré pour expliquer la lenteur de la progression. «Auparavant, il utilisait davantage de snipers et de bombes».

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Inquiétude de l’ONU pour les civils

Selon la coalition, quelque 2500 djihadistes de l’EI défendent Raqqa, dans le nord de la Syrie.

L’EI s’est emparé en 2014 de cette ville dont il a fait sa capitale syrienne de facto. Raqqa est devenue tristement célèbre comme théâtre de certaines des pires atrocités de l’Etat islamique, décapitations publiques et autres. La ville serait aussi un centre pour la planification d’attentats à l’étranger.

Depuis le début de la bataille pour reprendre Raqqa, l’ONU a exprimé son inquiétude pour les civils bloqués dans la ville et qui seraient près de 100 000 selon ses estimations.