Au moins cinquante personnes ont été tuées dimanche 12 juin à l'aube dans une discothèque gay d'Orlando, en Floride, la pire fusillade de masse de l'histoire des Etats-Unis. D'après la télévision NBC, citant des sources policières, le tireur accusé du massacre a téléphoné quelques instants avant son crime au numéro 911 pour annoncer qu'il faisait allégeance au chef de l'Etat islamique. 

Le suspect avait auparavant pris en otage des clients de la discothèque située dans le sud-est des Etats-Unis, lorsque des troupes d'élite du SWAT ont donné l'assaut. L'homme, qui a été abattu, a été identifié comme Omar Mateen, un Américain d'origine afghane de 29 ans. Le jeune homme vivait à quelque 200 kilomètres au sud-est d'Orlando, dans la ville de Port Saint Lucie et son casier judiciaire était vierge.

«Malheureusement, il y a des gens qui ont été tués par balles, peut être une vingtaine, à l'intérieur du night-club», déclarait ce matin à la presse l'agent spécial Ron Harper du FBI. Depuis, le bilan ne cesse de s'alourdir. Au moins 53 personnes ont été blessées, a indiqué le maire de la ville, Buddy Dyer. 

Etat d'urgence

En raison de l'ampleur de la tuerie, le maire de la ville a demandé au gouverneur de l'Etat de Floride d'instaurer l'état d'urgence et il l'a d'ores et déjà fait pour sa ville, ce qui lui permet de mobiliser des ressources supplémentaires.

Sans attendre, les autorités ont permis à un imam local d'intervenir pendant la conférence de presse. Il a appelé au calme et a demandé à la population et aux médias de ne pas tirer de conclusions hâtives sur le mobile du tireur.

«Cela a tourné à la prise d'otages», a déclaré le chef de la police John Mina. «Vers 5 heures (9 heures GMT) ce matin, la décision a été prise de secourir les otages qui étaient à l'intérieur», a-t-il ajouté, sans que l'on sache si les victimes avaient été tuées par le tireur qui avait ouvert le feu vers 2 heures (6 heures GMT) dans la discothèque ou lors d'échanges de tirs avec la police. 

Barack Obama informé

Le président Barack Obama a été informé en début de matinée du massacre par sa conseillère en sécurité intérieure et contre-terrorisme et il a demandé au gouvernement fédéral «de fournir toute l'aide nécessaire», a annoncé la Maison Blanche.

Les enquêteurs cherchent désormais à comprendre le mobile de l'homme lourdement armé. «Nous avons des suggestions laissant penser que cet individu pourrait avoir des sympathies pour cette idéologie particulière mais nous ne pouvons pas l'affirmer catégoriquement», a expliqué Ron Harper, interrogé sur de possibles liens entre le tireur et le terrorisme islamiste. Le père du suspect, Mir Seddique, a lui assuré à la chaîne NBC que le massacre n'avait «rien à voir avec la religion», mais qu'il s'agissait plutôt d'un coup de sang dirigé contre la communauté homosexuelle.

Le pape François condamne la «folie meurtrière»

Le pape a exprimé dimanche son «exécration» face à la «haine insensée» du tireur qui a provoqué la mort de 50 personnes dans un night-club gay à Orlando en Floride.

«Le terrible massacre qui a eu lieu à Orlando, qui a fait de très nombreuses victimes innocentes, a suscité chez le pape François et chez chacun de nous des sentiments très profonds d’exécration et de condamnation, de douleur, de trouble devant cette nouvelle manifestation d’une folie meurtrière et d’une haine insensée», a indiqué son porte-parole, le père Federico Lombardi.

Nouveau drame

Ce nouveau drame des armes à feu survient moins de 48 heures après le meurtre par balles, dans cette même ville de Floride, d'une jeune chanteuse américaine. Peu avant d'annoncer la mort du tireur à l'intérieur du Pulse, situé dans le centre d'Orlando, la police avait indiqué avoir procédé à une «explosion contrôlée» devant le club, sans plus de détails.

«Quelqu'un a commencé à tirer. Les gens se sont jetés sur le sol», a témoigné l'un des clients de la discothèque, Ricardo Negron, interrogé par Sky News. «Il y a eu une courte pause dans les tirs et certains d'entre nous ont pu se lever et sortir en courant par derrière».

Ce témoin dit avoir entendu «des tirs non-stop» pendant probablement moins d'une minute, mais que cela lui a paru beaucoup plus long. «Il y a certainement eu des gens blessés, ou pire», a-t-il ajouté. Aucune indication n'a été fournie sur le nombre de clients présents à l'intérieur de la discothèque au moment de la fusillade.

«Du sang partout»

Sur CNN, Christopher Hanson a expliqué avoir d'abord cru qu'il s'agissait de la musique avant de comprendre que c'était des tirs. «Je n'ai vu aucun des tireurs. J'ai juste vu des corps tomber. J'étais au bar pour commander un verre, je suis tombé, j'ai rampé pour sortir. Les gens essayaient de sortir par derrière. Quand je suis arrivé dans la rue, il y avait du monde, du sang partout».

Le Pulse d'Orlando, qui se présente sur son site web comme «le bar gay le plus chaud d'Orlando», postait peu après sur sa page Facebook un dernier message lapidaire: «Sortez tous et courez!»

C'est la deuxième fois en trois jours que la ville d'Orlando est le théâtre d'une fusillade. C'est là que vendredi soir, une jeune chanteuse américaine, Christina Grimmie, ancienne candidate de l'émission «The Voice», a été abattue alors qu'elle signait des autographes à l'issue d'un concert au Plaza Live, situé à moins de cinq kilomètres du Pulse. Son agresseur, un jeune homme de 27 ans en possession de deux armes de poing, s'est donné la mort en se tirant une balle dans la tête sans que ses mobiles aient été éclaircis.