L'Ethiopie a accepté lundi le principe d'un retrait de ses troupes en Somalie. La veille, le Gouvernement fédéral de transition (GFT) de la Somalie et l'opposition islamiste modérée avaient conclu, sous l'égide de l'ONU, un nouvel accord à Djibouti. Il prévoit la mise en place dès le 5 novembre d'un cessez-le-feu conclu en juin, sans effet jusque-là, et fait nouveau, un plan de départ progressif, à partir du début 2009, des 10000 soldats éthiopiens présents sur le terrain. Il reste à voir si cet accord, sèchement rejeté par les islamistes radicaux - Shebabs - comme la précédente tentative de trêve, entrera en application.

Mais il sanctionne d'ores et déjà l'échec de l'armée éthiopienne chez son voisin. Déclenchée fin 2006 pour appuyer le GFT et contenir la montée en puissance des islamistes, cette intervention avait, après quelques victoires, rapidement tourné au guêpier sécuritaire. Constamment harcelées par l'insurrection, les troupes d'Addis Abeba ne sont jamais parvenues à ramener l'ordre en Somalie, tandis que la situation humanitaire empirait jour après jour.

«Ces soldats étaient très mal vus, perçus comme une armée d'occupation, pas seulement des milices Shebabs, mais de tous les nationalistes somalis et même de la population», souligne François Piguet chercheur à l'Institut de hautes études internationales et du développement à Genève. Ils ont accumulé les bavures dont les civils ont fait les frais.»