Le 3 août dernier, le Département américain de la défense publie sur son site internet un communiqué intitulé «La coalition élimine les terroristes de l’Etat islamique du champ de bataille». Le texte mentionne notamment Orhan R., un combattant tué en mai près de la ville syrienne de Mayadin. Peu avant de partir pour la Syrie, il s’était rendu à plusieurs reprises à Genève, à Bulle et dans le canton de Zurich, révèle le SonntagsBlick, dimanche.

L’article ne précise pas si ce Macédonien a vécu en permanence en Suisse. Orhan R. n’y a jamais été officiellement enregistré, même si l’un de ses nombreux profils Facebook mentionne qu’il a vécu à Dübendorf (ZH) et qu’il possède de la famille à Kloten et Bulle, précise Le Matin Dimanche.

Des photos datées d’octobre 2014 le montrent au centre de Genève, portant jeans, baskets Nike et barbe de trois jours. Peu de temps après, il posa à nouveau pour la caméra, mais à Raqqa, cette fois, principal bastion syrien du groupe Etat islamique (EI). Pantalon militaire vert, sandales et barbe longue et sombre, un pistolet appuyé sur son épaule.

Il voulait revenir en Suisse

Jusqu’à sa mort en mai 2017, Orhan R. appartenait au cercle étroit des dirigeants de l’EI, avance encore le SonntagsBlick. En juin 2015, il était apparu dans une vidéo de propagande en anglais appelant les musulmans des Balkans à tuer les non-croyants. Il a combattu dans une unité commandée par Ridvan Haqifi, combattant sous le nom d’Abou-Muqatil al-Kosovi. Ce groupe comprenait également un ressortissant de Winterthour, radicalisé dans la mosquée An’Nur. Tous deux ont aussi été tués, précise encore le journal.

Quelques mois auparavant, Orhan R. s’était promené dans le centre de Genève et avait rendu visite à des amis à Kloten et Glattfelden (ZH), en compagnie de son frère, lui aussi décrit comme radicalisé. Durant l’été 2015, il avait annoncé sur Facebook qu’il voulait retourner en Suisse, avec le bras armé de l’Etat islamique, poursuit le journal dominical.

Selon le Pentagone américain, Orhan R. était «responsable de la planification des attaques terroristes extérieures». Concrètement, sa tâche consistait à organiser des attaques en Europe. Le Service fédéral de renseignement (SRC) ne souhaite pas commenter l’affaire. Aucune poursuite n’a été lancée au niveau fédéral.

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