La visite à Téhéran de l’ex-premier ministre français Michel Rocard «est une initiative strictement personnelle» et cet ambassadeur chargé des pôles arctique et antarctique «n’est investi d’aucune mission» des autorités françaises, a indiqué lundi le Quai d’Orsay.

«Il n’est investi d’aucune mission relative à l’Iran, ni porteur d’aucun message», a déclaré lors d’un point-presse le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Bernard Valero.

Cette visite est «sans lien avec sa mission d’ambassadeur chargé de la négociation internationale pour les pôles arctique et antarctique», a précisé le porte-parole, interrogé sur la conciliation de son rôle de représentant diplomatique de la France et son déplacement à Téhéran.

L’entourage du président élu François Hollande s’était dès samedi désolidarisé de la visite en Iran de Michel Rocard, 81 ans, également socialiste. Il «n’est porteur d’aucun message ni investi d’aucune mission» par François Hollande, avait-on signalé dès samedi.

Lors de sa visite «privée», l’ex-premier ministre français a été reçu durant le week-end par le ministre iranien des Affaires étrangères, Ali Akbar Salehi, et le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, Saïd Jalili, principal négociateur iranien sur la question nucléaire.

Les grandes puissances occidentales soupçonnent l’Iran de vouloir acquérir la bombe nucléaire sous couvert d’un programme civil, ce que Téhéran dément. La visite de Michel Rocard survient une dizaine de jours avant de nouvelles discussions entre l’Iran et les grandes puissances programmées à Bagdad.

Michel Rocard a assuré que Téhéran était prêt à «remettre les compteurs à zéro» et «faire des pas en avant» pour parvenir à une solution négociée lors de cette rencontre à venir du 23 mai en Irak.

Il a précisé avoir informé fin mars de son projet François Hollande, qui lui a donné «des conseils de prudence», et aussi le ministre des Affaires étrangères du gouvernement sortant, Alain Juppé, qui lui a rappelé dans une lettre les positions de la France à l’égard de Téhéran.