François Hollande est encore président de la République française. Son unique mandat au sommet de l’Etat ne prendra fin qu’à la mi-mai 2017, lorsqu’il recevra son successeur sur les marches de l’Elysée pour la passation de pouvoirs. Il est par conséquent trop tôt pour dresser le bilan définitif de ce quinquennat dont la marque demeurera toutefois l’indécision, et le virage économique non assumé vers l’austérité budgétaire (le déficit public atteindra cette année 3,3% du PIB contre 4,8% en 2012), après une première année de pouvoir placée sous le signe du matraquage fiscal et de la traque des «riches».

Inverser durablement la courbe de chômage

Le président élu en mai 2012 avait, on le sait, risqué son avenir au début 2014 sur un engagement: celui d’inverser durablement la courbe du chômage. Or, comme il l’a lui même concédé dans son discours, cela ne s’est pas matérialisé. La France compte, fin 2016, 3,48 millions de demandeurs d’emploi (5 millions si l’on inclut les travailleurs à temps très partiel), soit 600 000 de plus qu’en 2012.

Certes, une diminution se confirme pour 2016, avec 100 000 demandeurs d’emploi en moins. Mais la croissance (1,3% cette année) demeure fragile. Et le moindre hoquet international, comme une remontée des taux d’intérêt, mettrait en péril cette bouffée d’oxygène due, notamment, aux allégements fiscaux divers concédés aux entreprises et aux timides ouvertures libérales des lois Macron (ouverture des magasins le dimanche, libéralisation des bus) et El Khomri (plus de flexibilité sur le marché du travail). Triste ironie pour François Hollande: au mieux, ses réformes ne paieront qu’en… 2017.

L’irruption du terrorisme

Côté sociétal et diplomatique, un séisme a tout changé: celui du terrorisme. Jusqu’aux attentats du 7 janvier (Charlie), puis du 13 novembre 2015 (Bataclan), le quinquennat Hollande était celui du mariage pour tous – institué par la loi de mai 2013 – et des interventions militaires réussies au Mali (janvier 2013) et en Centrafrique (décembre 2013). Puis Daech a frappé, et tout s’est brouillé. La solidarité planétaire exprimée lors de la manifestation du 11 janvier 2015 a fait place aux interrogations sur les fractures communautaires, aux questions sur les pouvoirs policiers d’exception dans le cadre de l’état d’urgence (toujours en vigueur depuis le 13 novembre 2015) et à la polémique déclenchée par la proposition abandonnée de déchéance de nationalité pour les terroristes ou leurs complices.

Le président qui a renoncé à se représenter est aussi celui dont le mandat fut marqué par de multiples… renoncements.


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