La France avec au moins 40 morts, plusieurs disparus et des dizaines de blessés a payé le plus lourd tribut à la tempête Xynthia, annoncée comme l’une des plus violentes depuis celle qui avait frappé le pays en 1999 faisant 88 morts, selon le dernier bilan établi dimanche après-midi par la Sécurité civile.

Dans un communiqué, le président français Nicolas Sarkozy a demandé «au gouvernement d’agir sans attendre pour que les mesures de solidarité nationale puissent intervenir dans les meilleures délais au profit des populations et collectivités sinistrées».

C’est la Vendée (ouest) qui a été le département le plus touché avec 29 personnes noyées. Dans la Charente-Maritime voisine, cinq personnes sont mortes, dont un enfant de dix ans. Deux personnes ont été tuées en Loire Atlantique (ouest). Dans l’Yonne (centre-est), un homme de 78 ans a été tué par la projection d’une poutrelle dans son jardin.

A Oloron-Sainte-Marie (sud-ouest), deux personnes ont succombé après avoir respiré les gaz d’échappement du générateur qu’elles avaient mis en route après une coupure d’électricité.

La veille, alors qu’elle arrivait en France avec des rafales de vent atteignant jusqu’à 150 km/h, la tempête avait causé un premier mort à Luchon (sud-ouest), un jeune homme tué par la chute d’une branche d’arbre.

Dimanche matin, l’alerte rouge (maximum) avait été levée, mais en début d’après-midi, le vent soufflait encore fort dans la moitié nord de la France et une trentaine de départements restaient en «vigilance orange».

Dans les régions de l’Ouest et du Centre les plus touchées (Bretagne, Limousin, Centre, Auvergne), un million de foyers étaient privés d’électricité, a indiqué un porte-parole d’ERDF, filiale de distribution d’Electricité de France (EDF).

En Vendée, les secours, qui ont dénombré une trentaine de blessés légers et relogé environ 70 personnes après des inondations, s’attendaient à trouver d’autres victimes.

A Paris, tous les parcs et cimetières sont restés fermés par précaution. La chute d’une trentaine d’arbres a été signalée dans le parc du château de Versailles, où 18.500 arbres avaient été détruits par la tempête de 1999.

Dans la journée, Air France a annoncé l’annulation de plus d’une centaine de vols sur environ 700 dimanche au départ et à l’arrivée de Roissy, le plus grand aéroport parisien, où les vols accusaient en moyenne une heure de retard.

La compagnie française de chemins de fer SNCF a supprimé une dizaine de trains reliant Paris au Sud-Ouest et à l’Espagne.

La tempête, qui s’était formée dans l’Atlantique, avait touché samedi le littoral portugais, tuant un enfant, avant de gagner l’Espagne, où trois personnes ont été tuées dans le nord.

Dimanche, deux grandes villes du nord du Portugal, Porto et Vila Nova de Gaia, étaient en alerte maximale en raison de la crue attendue du Douro, le fleuve qui les sépare, selon les services de secours.

La dépression devrait progressivement quitter la France pour gagner le Bénélux, puis la Scandinavie.

Dans l’après-midi, des pluies abondantes s’abattaient déjà sur la Belgique, accompagnées de rafales de vent à plus de 110 km/h. Par précaution, tous les parcs et jardins de Bruxelles ont été fermés, tandis qu’à Charleroi (sud), les appels aux services de secours se multipliaient pour signaler des chutes d’arbres et des lignes électriques endommagées.