La question a suscité des tensions avec les Etats-Unis et elle est en train de couper l’Europe en deux: pour les alliés de Kiev, quels sont les objectifs de la guerre en Ukraine face à l’invasion russe? Tandis que le conflit dure depuis plus de cent jours, la récente petite phrase d’Emmanuel Macron sur son souci de «ne pas humilier la Russie» dans l’optique de négociations encore improbables est venue creuser le fossé entre les deux camps en présence. D’un côté, les pays baltes, la Pologne, sans oublier le Royaume-Uni, partisans d’une poursuite de la guerre dans la perspective, même lointaine, d’une défaite russe. De l’autre, la France, l’Allemagne et l’Italie, tenantes d’une ligne plus modérée, soucieuses à la fois d’aider l’Ukraine et de négocier avec Moscou afin de faciliter un cessez-le-feu.