La fin du libéralisme?

L'Europe de l'Est depuis 30 ans: une transformation vécue comme une amputation

Le prix à payer pour épouser le modèle ouest-européen s’est avéré, dans les pays de l’ex-bloc communiste, socialement trop lourd et démographiquement trop douloureux. Analyse

Le 9 novembre 1989, la chute du mur de Berlin signe la défaite du communisme. Ne reste que le libéralisme triomphant. Trente ans plus tard, celui-ci fait face à une crise existentielle qui se manifeste par les inégalités, les populismes et le défi climatique. Peut-on sauver le libéralisme?

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Tous ceux qui ont vécu cette tragique expérience l’affirment: un membre amputé continue longtemps de faire sentir sa présence. Il hante votre corps, comme s’il était encore une partie de vous-même. Telle est la réalité, trente ans après la chute du mur de Berlin le 9 novembre 1989, dans les pays d’Europe centrale et orientale.

La transformation économique et politique qui, depuis lors, a bouleversé la vie de leurs populations et ouvert de nouveaux horizons à leur jeunesse, demeure vécue comme une amputation. Le chercheur bulgare Ivan Krastev, aujourd’hui basé à Vienne, y voit d’ailleurs l’explication majeure au grand fossé européen qui fracture le continent. Il le détaille dans son essai Le Destin de l’Europe (Ed. Premier Parallèle): comment ne pas être tenté par le repli lorsque les jeunes émigrent en masse, que l’insécurité sociale s’installe pour des générations éduquées à l’époque communiste, et que la désindustrialisation et la désertification des campagnes transforment les paysages en friches livrées aux oligarques?