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Donald Tusk, durant une conférence de presse à Bruxelles, jeudi. AP/Olivier Matthys
© OLIVIER MATTHYS

Affaire Skripal

L’Europe rappelle son ambassadeur en Russie

L’UE a apporté son soutien à la Grande-Bretagne, accusant Moscou d’être «très probablement» derrière l’empoisonnement de l’ex-espion russe Sergueï Skripal en Angleterre

Les Etats membres de l’Union européenne (UE) ont apporté jeudi un soutien unanime à la Grande-Bretagne après l’empoisonnement de l’ex-espion russe Sergueï Skripal en Angleterre. Accusant Moscou d’être «très probablement» derrière l’affaire, ils ont décidé de rappeler l’ambassadeur de l’UE en Russie.

«Les dirigeants de l’Union européenne se sont entendus pour considérer, avec le gouvernement britannique, que la Russie est très probablement derrière l’attaque de Salisbury et qu’il n’y a pas d’autres explications possibles», a annoncé jeudi soir le président du Conseil européen, le Polonais Donald Tusk, dans un message sur Twitter, au premier jour du sommet européen.

La formulation va plus loin que le texte adopté en début de semaine par les ministres européens des Affaires étrangères, qui disaient «prendre très au sérieux» l’évaluation britannique sur l’attaque de Salisbury.

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Dans la foulée, en guise de riposte, l’Union européenne (UE) a décidé de rappeler son ambassadeur en Russie, a annoncé le premier ministre néerlandais Mark Rutte. Markus Ederer, le diplomate allemand qui dirige actuellement la délégation de l’UE à Moscou, «est rappelé pour consultations», a précisé un diplomate.

Une solidarité européenne appuyée

La première ministre britannique, Theresa May, a pu compter sur l’engagement du président français, Emmanuel Macron, et de la chancelière allemande, Angela Merkel. Les trois dirigeants se sont entretenus pendant une vingtaine de minutes avant le dîner. Ensuite, il lui a fallu convaincre des pays proches de la Russie, parmi lesquels la Grèce, la Hongrie et la Bulgarie.

«L’incident de Salisbury s’inscrit dans le cadre des attaques menées par la Russie contre l’Europe», a déclaré Theresa May à son arrivée à Bruxelles. «La menace russe ne respecte pas les frontières.»

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L’objectif des trois dirigeants était de durcir le projet de déclaration des 28, qui stipulait seulement que «les Etats membres prennent très au sérieux l’évaluation du gouvernement britannique selon laquelle il est très probable que la fédération de Russie était responsable».

Cette condamnation permet aux dirigeants de l’UE d’afficher une solidarité sans faille avec le Royaume-Uni et d’adresser un message fort et dissuasif à la Russie. La condamnation des Européens est un moyen de faire comprendre à Moscou qu’une telle opération ne restera pas impunie, a expliqué un responsable européen.

Dans l’attente de l’enquête de l’OIAC

Au-delà du rappel du représentant de l’UE à Moscou, certains dirigeants européens envisagent d’expulser des diplomates russes ou de rappeler leur ambassadeur, a précisé un responsable européen. La présidente lituanienne, Daria Grybauskaite, a ainsi publiquement dit réfléchir à une telle expulsion.

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La France s’est également déclarée prête à «de possibles mesures, décidées sur base nationale, en concertation avec d’autres pays européens», selon l’Elysée. «Nous sommes déterminés par la parole, et le cas échéant par de nouvelles mesures, à réagir de manière unie», a pour sa part commenté Angela Merkel. «Nous attendons une évaluation des données transmises par les Britanniques à l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC).»

La première ministre britannique, Theresa May, a attribué à la Russie la première attaque au gaz innervant connue commise sur le territoire européen depuis la Seconde Guerre mondiale. En représailles, Londres a expulsé 23 diplomates russes présentés comme des «agents du renseignement sous couverture» et a suspendu les relations bilatérales avec la Russie. Moscou a répliqué en expulsant à son tour le même nombre de diplomates et en ordonnant la fermeture du British Council en Russie.

Les dirigeants européens n’ont pas discuté, jeudi, de nouvelles sanctions contre Moscou. Mais cette position pourrait changer d’ici à la prochaine réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UE le 16 avril à Luxembourg si de nouveaux éléments permettant d’impliquer la Russie sont apportés.

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