Mardi, au terme d’une journée à rebondissements comme seule cette crise peut en offrir, Athènes a fait défaut auprès du FMI (et se retrouve privée des fonds de l’institution). Les ministres des Finances de la zone euro ont décidé de se réunir mercredi à 17h30 GMT pour examiner une nouvelle demande de soutien financier d’une Grèce financièrement exsangue, alors que le programme d’aide européen en place a expiré dans la nuit.

Selon des sources européennes, le gouvernement de gauche au pouvoir à Athènes serait prêt à mettre dans la balance le référendum convoqué dimanche lors duquel les Grecs doivent approuver ou rejeter les dernières propositions de Bruxelles.

Scrutin épouvantail, il pourrait, en cas de «non» du peuple grec, conduire in fine à la sortie de la Grèce de la zone euro et à une crise majeure des institutions européennes.

«Le but c’est de trouver un accord avant le référendum, si c’est possible», a commenté le ministre français des Finances Michel Sapin sur la radio française RTL, reconnaissant une situation «effroyablement compliquée», avec notamment des pays européens qui ne sont pas tous sur la même ligne. «Les plus durs, ce sont les petits pays» de la monnaie unique, comme la Slovénie ou la Slovaquie.

Un vote imprévisible

«Ce que la Grèce décidera est imprévisible, mais je pense que le gouvernement grec a compris qu’une sortie de l’euro aura des conséquences catastrophiques», a commenté le ministre autrichien des Finances Hans Jörg Schelling sur la radio OE1. Désormais, seule la Banque centrale européenne assure la survie financière du pays en soutenant à bout de bras ses banques complètement à sec.

Les 25 membres du conseil des gouverneurs doivent se réunir pour examiner la situation du système bancaire grec, mis sous cloche par le gouvernement d’Athènes qui a fermé les banques pour la semaine.

L’institut de Francfort doit décider de maintenir ou non une ligne de prêts d’urgence en faveur des établissements hellènes, à court d’argent frais et pris d’assaut par des Grecs inquiets qui veulent retirer leurs économies. Techniquement, l’institution pourrait décider de couper le robinet financier à la Grèce, même si cela semblait peu probable.

Impayé historique

Cela plongerait encore plus Athènes dans l’abysse financier, alors que la Grèce, en ne versant pas le 1,5 milliard d’euros qu’elle devait mardi au FMI, est devenue aux premières minutes de la journée de mercredi le premier pays industrialisé à faire défaut vis-à-vis de l’institution qui essuie là le plus grand impayé de son histoire.

Cette issue, malgré une ultime demande de sursis mardi soir, était largement anticipée par les marchés financiers. Les places asiatiques et européennes étaient globalement orientées à la hausse mercredi.

Les discussions de ce jour à Bruxelles porteront sur la demande grecque: il s’agissait de conclure avec le Mécanisme européen de stabilité (MES), le fonds de soutien de la zone euro, un accord sur deux ans permettant de couvrir ses besoins financiers, soit environ 30 milliards d’euros, tout en restructurant sa dette.

«Nous devons examiner cette possibilité. Les Grecs ont le droit de le demander, donc nous allons l’étudier, mais la situation politique actuelle est bien sûr très compliquée: il y a un référendum sur l’ancien «paquet» et ils veulent discuter d’un nouveau. Je pense que nous ne pourrons nous en occuper sérieusement qu’après le week-end», a commenté mardi soir sur la télévision néerlandaise NOS le patron de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem. «L’hypothèse (d’un accord) existe, c’est déjà beaucoup», selon M. Sapin.