L’ancien dictateur panaméen Manuel Noriega extradé lundi des Etats-Unis est arrivé ce mardi matin pour participer à son procès pour blanchiment d’argent.

Cette extradition avait été notifiée à la France il y a quinze jours selon le ministère des Affaires étrangères. Le Département d’Etat américain a précisé à l’AFP que l’ordre d’extradition avait été signé lundi par la secrétaire d’Etat, Hillary Clinton.

Manuel Noriega, âgé de 74 ans selon des documents judiciaires, a pris un vol Air France qui a décollé de Miami (Floride, sud-est), pour arriver mardi matin dans l’Hexagone, a-t-on ajouté de même source.

Extradition acceptée

La Cour suprême des Etats-Unis avait refusé le 22 mars la demande de l’ex-homme fort du Panama d’être réentendu, éliminant ainsi son ultime recours contre une extradition.

Le général Noriega a été condamné au Panama à 54 ans de prison pour son implication dans la disparition et le meurtre d’opposants entre 1968 et 1989.

Manuel Noriega avait été renversé puis capturé en 1989 lors de l’intervention américaine au Panama ordonnée par le président américain George Bush père. L’ancien dictateur de ce pays d’Amérique centrale avait ensuite été condamné à 40 ans de prison aux Etats-Unis pour trafic de drogue. Placé en détention en Floride, sa peine avait été réduite à 17 ans pour bonne conduite.

Mais quelques jours avant la date prévue pour sa libération, en septembre 2007, un juge fédéral américain avait approuvé son extradition vers Paris.

Blanchiment

La justice française l’a condamné par défaut en 1999 à dix ans de prison pour diverses accusations mais souhaite organiser un nouveau procès pour blanchiment d’argent.

«Lorsqu’il arrivera en France il sera présenté à un procureur de la république qui lui notifiera le mandat d’arrêt qui a été décerné à son encontre», a détaillé Guillaume Didier à l’AFP. «Un juge des libertés et de la détention se prononcera ensuite sur son éventuelle mise en détention provisoire dans l’attente de sa comparution devant le tribunal correctionnel», a-t-il ajouté.

«Cette comparution doit avoir lieu au plus tard dans les deux mois suivant son placement en détention provisoire», a ajouté le porte-parole, précisant que ce délai ne pouvait être renouvelé qu’une seule fois.

L’avocat français de Noriega, Me Yves Leberquier, a estimé lundi soir sur France Info que son client ne pouvait pas être jugé par la justice française, notamment en raison de la prescription des faits et de son immunité d’ancien chef d’Etat.

Longtemps allié des Etats-Unis pendant la Guerre froide, ancien informateur de la CIA, Manuel Noriega était tombé en disgrâce à Washington pour son implication dans un trafic de stupéfiants.