L’Occident peine à sanctionner efficacement les proches du président russe. Mais le Kremlin est passé maître dans les sanctions infligées aux individus qui le dérangent, où qu’ils soient. En témoigne le parcours du banquier russe Yaroslav Alekseev, dépossédé de ses actifs et forcé à fuir la Russie en 2015 parce que sa banque avait émis en 2012 une «carte Navalny» dont 1% des transactions étaient reversées aux activités de l’opposant.

Pour ne rien arranger, la Suisse aide les autorités russes dans leur opération de harcèlement. En 2019, conformément aux accords d’échange d’informations fiscales entre les deux pays, l’Office fédéral de la justice a informé les autorités russes d’un compte au nom de Yaroslav Alekseev dans une banque zurichoise. Le fisc russe a aussitôt demandé et obtenu début 2020 le gel des avoirs (environ 1 million de francs) et la transmission au parquet général russe de toutes les informations relatives au compte.