L'ancien premier ministre malaisien Najib Razak a été condamné mardi à 12 ans de prison après avoir été reconnu coupable lors de son premier procès dans le cadre du retentissant scandale de corruption 1Malaysia Development Berhad (1MDB). La Haute Cour de Kuala Lumpur l'a également condamné à payer une amende de 210 millions de ringgit (49 millions de dollars) après l'avoir reconnu coupable de sept chefs d'accusation liés au pillage du fonds souverain 1MDB.

«Après examen de toutes les preuves dans ce procès, je considère que le parquet a étayé son dossier avec succès», a déclaré Mohamad Nazlan Mohamad Ghazali, juge à la Haute cour de Kuala Lumpur.

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Najib Razak et ses proches étaient accusés d'avoir pillé le fonds censé contribuer au développement économique de la Malaisie, dans une fraude de plusieurs milliards de dollars aux ramifications planétaires.

Une partie des fonds détournés aurait ainsi servi à financer le film Le Loup de Wall Street avec Leonardo DiCaprio, tandis que la banque Goldman Sachs a été éclaboussée par l'affaire.

La colère des Malaisiens contre ce pillage a joué un grand rôle dans la défaite électorale surprise en 2018 de la coalition menée par Najib Razak, qui dirigeait le gouvernement depuis 2009.

Najib Razak devrait faire appel de la décision

Le verdict est cependant un test de la force de l'Etat de droit en Malaisie, alors que le parti de Najib Razak a regagné le pouvoir en mars après la chute d'une coalition réformiste. Certains redoutent que l'alternance n'affecte l'issue de ce procès.

Une importante foule de partisans de Najib l'attendait mardi matin à son arrivée au tribunal, pour beaucoup habillés de rouge, la couleur de son parti, l'UMNO (Organisation nationale unifiée malaise).

Dans un message sur Facebook, l'ex-premier ministre, qui a toujours nié tout méfait dans cette affaire, avait déclaré lundi soir que les deux années depuis son éviction du pouvoir avaient été des années d'obscurité et qu'il était prêt pour le verdict. «Je veux la justice. Je veux rétablir ma réputation», avait-il dit en ajoutant qu'il ferait appel en cas de décision défavorable.

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L'ex-dirigeant de 67 ans est au centre de trois procès distincts liés au fonds 1MDB. Ce premier procès, qui a débuté il y a 16 mois, portait sur le transfert de 42 millions de ringgits (9,9 millions de dollars) de SRC International, une entité du fonds, vers les comptes bancaires du responsable. Najib Razak était jugé pour abus de pouvoir, abus de confiance et blanchiment d'argent.