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Fille d’un général opposé au régime d’Augusto Pinochet, elle a été détenue et torturée par la police politique du dictateur en 1975. /AP/Seth Wenig
© Seth Wenig

Nations unies

L’ex-présidente chilienne Michelle Bachelet prend la tête des droits de l’homme de l’ONU

La socialiste, qui fait partie des femmes politiques les plus puissantes du monde, remplace ainsi le Jordanien Zeid Ra’ad al-Hussein, critique acerbe du président américain Donald Trump

Le secrétaire général des Nations unies (ONU) Antonio Guterres a nommé mercredi l’ancienne présidente du Chili Michelle Bachelet à la tête du Haut-Commissariat aux droits de l’homme, en remplacement du Jordanien Zeid Ra’ad al-Hussein.

Sa nomination, annoncée dans un communiqué mercredi, doit encore être validée par l’Assemblée générale, qui est composée des 193 Etats membres de l’ONU.

Lire aussi: En guise de testament, Zeid Ra’ad al-Hussein martèle l’universalité des droits de l’homme

A 66 ans, Michelle Bachelet fait partie des femmes politiques les plus puissantes du monde. Elle a été la première directrice d’ONU Femmes, l’agence des Nations unies promouvant l’égalité entre femmes et hommes, à sa création, en 2010.

Un prédécesseur qui n’a pas fait l’unanimité

En qualifiant de «raciste» le premier ministre hongrois Viktor Orban et de «dangereux» le président américain Donald Trump, son prédécesseur au Haut-Commissariat aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad al-Hussein, a souvent provoqué la controverse, perdant ainsi le soutien de plusieurs pays influents. Cela l’a poussé à ne pas solliciter de second mandat.

Après s’être mis à dos les Etats-Unis, la Russie et la Chine pendant les quatre années où il était en poste, il a reconnu que «dans le contexte géopolitique actuel», rester en poste «pourrait signifier mettre un genou à terre en supplication».

«Le silence ne vous assure aucun respect», avait estimé la semaine dernière auprès de journalistes celui qui doit quitter ses fonctions le 31 août, ajoutant qu’il donnerait comme conseils à son successeur d’«être juste et de ne pas faire de discrimination envers un quelconque pays», et «d’être prêt à ferrailler».

Lire aussi: Gros enjeux autour de la succession de Zeid Ra’ad al-Hussein

Nikki Haley, l’ambassadrice américaine aux Nations unies, a d’ailleurs réagi à la nomination de Michelle Bachelet en l’enjoignant «d’éviter les erreurs du passé».

Une «championne des droits des femmes à long terme»

Des organisations de défense des droits de l’homme avaient cependant exprimé des inquiétudes quant à la possibilité que le secrétaire général de l’ONU remplace Zeid Ra’ad al-Hussein par une personnalité moins virulente.

«Si elle est choisie, (Michelle) Bachelet aura l’un des emplois les plus difficiles du monde, à un moment où les droits de l’homme subissent une attaque généralisée», estimait avant l’annonce d’Antonio Guterres le directeur de Human Rights Watch, Kenneth Roth. «En tant que victime elle-même, elle amène à ce rôle une perspective unique sur l’importance d’une défense vigoureuse des droits humains», ajoute-t-il.

La socialiste, pédiatre de formation, a été la première femme présidente du Chili, entre 2006 et 2010 et à nouveau de 2014 à 2018. L’année dernière, Antonio Guterres l’a nommée pour faire partie d’un conseil consultatif de haut niveau pour le conseiller sur des initiatives de médiation. Le secrétaire général de l’ONU l’avait qualifiée de «championne des droits des femmes à long terme».

Née en 1951 à Santiago, Michelle Bachelet poursuivait ses études de médecine quand elle a été arrêtée, détenue et torturée avec sa mère par la police politique du dictateur Pinochet en janvier 1975. Présidente, elle a bousculé lors de son second mandat une société réputée très conservatrice par une série de réformes progressistes, dont l’adoption du mariage homosexuel et la dépénalisation de l’avortement.

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