Espagne

L’extrême droite derrière Franco lors de son dernier voyage

Le transfert du corps de l’ancien dictateur de son monumental mausolée à un cimetière ordinaire de Madrid était une vieille promesse de la gauche. Témoin de la division actuelle de la société sur le sujet, il a mobilisé de nombreux partisans du franquisme

L’ancienne Espagne franquiste, tout à coup, est réapparue. Mercredi, alors qu’en vertu de la décision prise par le gouvernement socialiste les restes du Caudillo ont été exhumés puis transférés du Valle de los Caidos à un cimetière plus discret près de Madrid, les nostalgiques de la dictature se sont fait entendre. «Viva Franco!» pouvait-on les entendre clamer à pleins poumons.

La journée était «historique», heureuse pour les uns, tragique pour les autres: le premier ministre socialiste Pedro Sanchez a mis en pratique une vieille promesse de la gauche, celle d’extraire la tombe de Franco de son mausolée d’El Escorial, à une soixantaine de kilomètres à l’ouest de la capitale. Hier, après un voyage posthume en hélicoptère, la dépouille du Caudillo a été déposée dans le cimetière de Mingorrubio, dans la zone du Pardo, non loin de la résidence royale. Conformément à ce qui avait été convenu avec les descendants du dictateur, le corps a ensuite été inhumé dans le caveau familial, aux côtés de son épouse, Carmen Polo. Un lieu adapté puisque ce même endroit abrite les dépouilles de nombreux généraux franquistes, ainsi que celles d’anciens dictateurs, tels que Rafael Leonidas Trujillo, l’ancien homme de fer de la République dominicaine.