Le parti d’extrême droite PVV du député néerlandais Geert Wilders est arrivé en tête, avec 21,6% des suffrages, à Almere, ville de 187’000 habitants, lors des élections municipales organisées mercredi, selon des résultats partiels publiés jeudi.

Le Parti pour la liberté devance le parti travailliste (PvdA), arrivé en tête aux précédentes municipales en 2006, qui obtient 17,6%, selon les résultats de 96 sur 98 bureaux de vote.

Le parti de M. Wilders, créé en 2006, qui affirme vouloir «lutter contre l’islamisation des Pays-Bas», présentait pour la première fois des listes aux municipales, dans deux villes seulement, à Almere et à La Haye

Quelque 12 millions de Néerlandais avaient été appelés à voter mercredi, lors d’un scrutin de liste à la proportionnelle à un tour.

Satisfaction de Geert Wilders

«Ce qui est possible à La Haye, à Almere, est possible dans tout le pays. C’est le tremplin vers notre succès», a déclaré M. Wilders lors d’une réunion du Parti pour la liberté (PVV) à Almere, une ville dortoir de 187’000 habitants à l’est d’Amsterdam.

«C’est une réussite! Et comment! Les citoyens d’Almere ont voté pour un changement de cap dans notre ville. Plus de sécurité et moins d’islam dans la ville», a lancé le député, accueilli comme un héros par les militants de son parti.

A La Haye, siège du gouvernement, la formation de Geert Wilders arrive en deuxième position, derrière le PvdA qui reste le premier parti.

L’amertume des formations traditionnelles

Les élections municipales de mercredi constituaient un test à trois mois des législatives anticipées prévues le 9 juin. Pour la première fois, le PVV présentait des listes un scrutin local, dans deux villes seulement, à Almere et à La Haye.

Cette formation créée en 2006 détient actuellement neuf sièges de députés sur 150 à la chambre basse du parlement néerlandais. Elle avait obtenu 16,7% des voix aux élections européennes de juin 2009, deuxième derrière le parti chrétien-démocrate (CDA) du premier ministre démissionnaire Jan Peter Balkenende.

M. Balkenende n’a pas caché sa déception et son amertume mercredi. «Nous aurions bien voulu que le résultat soit meilleur», a-t-il reconnu, affirmant que sa défaite s’expliquait en grande partie par la chute le 20 février de son gouvernement, victime de ses dissensions internes sur l’Afghanistan

«Naturellement, cela a joué un grand rôle», a-t-il fait remarquer. A ses yeux, le CDA reste toutefois un parti qui est prêt à prendre ses responsabilités, «même quand ça ne va pas». «Nous allons nous y investir très, très fortement», a-t-il ajouté.