L’Allemagne s’est réveillée sous le choc, jeudi 20 février, à l’annonce d’un attentat raciste commis à Hanau (Hesse), près de Francfort. Le suspect, d’origine allemande, a tiré sur deux bars à chichas, mercredi en fin de soirée. Neuf personnes sont décédées dont plusieurs d’origine kurde. Tobias R., suspecté d’être l’auteur de l’attentat, a été retrouvé mort à son domicile dans la nuit aux côtés du corps de sa mère, selon Bild. Les enquêteurs ont retrouvé un manifeste et une vidéo mise en ligne où il appelait à un nettoyage ethnique du pays. Le parquet fédéral, chargé des affaires de terrorisme, s’est saisi de l’enquête et soupçonne «une motivation xénophobe».

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Cette attaque est la dernière en date. Des activistes d’extrême droite n’hésitent plus à mêler combat politique et lutte armée. En juin 2019, Walter Lübcke, préfet de la ville de Kassel, a été assassiné à son domicile d’une balle dans la tête par un homme proche des milieux néonazis. L’élu de 65 ans, membre du Parti chrétien-démocrate d’Angela Merkel (CDU), avait pris position en faveur de l’accueil des réfugiés venus du Moyen-Orient. En octobre, un négationniste a tué deux personnes, à Halle. Il avait auparavant tenté de pénétrer dans une synagogue, en vain. Plus récemment, douze membres d’un groupe d’extrême droite, soupçonnés de préparer des attentats contre des mosquées, ont été arrêtés.

Les Etats-Unis ont aussi été le théâtre de violences orchestrées par des groupuscules d’extrême droite. En août 2017, à Charlottesville, dans l’Etat de Virginie, un homme a foncé avec sa voiture sur des militants antiracistes venus s’opposer à un rassemblement de néonazis, membres du Ku Klux Klan (KKK) et suprémacistes blancs. James Field a tué Heather Heyer, âgée de 32 ans, et blessé une vingtaine de personnes dont certaines grièvement. Les militants d’extrême droite étaient rassemblés pour protester contre le retrait de la statue du général confédéré Robert Edward Lee, symbole de l’Amérique esclavagiste.

Plus d’un an après, en octobre 2018, les Américains ont été témoins d’une attaque antisémite à Pittsburgh, en Pennsylvanie. Un homme armé a ouvert le feu dans la synagogue Arbre de Vie (Tree of Life) et tué onze fidèles rassemblés pour célébrer le shabbat, le jour de repos juif. Six autres personnes ont été blessées par le tireur qui a été appréhendé et placé en garde à vue. Il s’agit de «l’attaque la plus meurtrière contre la communauté juive de l’Histoire des États-Unis», selon Jonathan Greenblatt, directeur de la Ligue anti-diffamation, principale association de lutte contre l’antisémitisme du pays.

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Autre exemple, cette fois plus récent. A Christchurch, Nouvelle-Zélande, un double attentat contre des mosquées a fait 51 morts et 18 blessés graves, le 15 mars 2019. Le terroriste est un ressortissant australien nommé Brenton Tarrant. Appréhendé par les forces de l’ordre, le suspect, «fasciste» autoproclamé, a laissé derrière lui un manifeste islamophobe de 74 pages à l’intérieur duquel il explique ses motivations et ses deux années de préparation. Il avait notamment pour modèle le tueur néonazi Anders Behring Breivik.

Anders Behring Breivik, terroriste norvégien, est l’auteur des attaques d’Oslo et d’Utøya qui ont causé la mort de 77 personnes et blessé plus de 150 personnes, en 2011. L’homme décrit par les enquêteurs comme un «fondamentaliste chrétien» proche de l’extrême droite a fait exploser une voiture piégée dans le centre de la capitale norvégienne avant d’assassiner 69 jeunes qui participaient au camp d’été de la jeunesse travailliste sur l’île d’Utøya.

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