«Pour le moment, il y a 16 morts, a affirmé samedi midi devant la presse Girolamo Lacquaniti, chef de la police routière à Vérone.

Ce bilan aurait pu être encore plus dramatique sans le courage d'un des professeurs accompagnant ces adolescents.

«Un professeur d'éducation physique a sauvé beaucoup de jeunes. Il est retourné plusieurs fois vers le bus pour sauver des gens, en les aidant à sauter des fenêtres. Il a subi ainsi des blessures très graves, notamment une lésion au dos», a ainsi raconté Judit Timaffy, consul de Hongrie à Milan.

Profonde émotion en Hongrie

Il y avait officiellement 56 personnes à bord, dont deux chauffeurs et un groupe d'adolescents âgés de 14 à 16 ans, accompagnés de quelques parents et professeurs, qui rentraient en Hongrie après un voyage scolaire en montagne en France.

L'accident a soulevé une profonde émotion en Hongrie, ces adolescents étant tous élèves d'un lycée classique réputé à Budapest. «La perte de nos enfants, de vies jeunes, est le plus grand drame de toutes familles, communautés ou nations», a déclaré le Premier ministre Viktor Orban, qui a décrété un jour de deuil national lundi en Hongrie.

Quelque 25 autres passagers ont été blessés plus ou moins sévèrement, d'après le gouvernement hongrois.

Les blessés ont été répartis dans trois hôpitaux de la région, tandis que ceux ayant pu s'en sortir sans dommage ou être déjà soignés étaient regroupés dans un hôtel de Vérone, où quelques familles sont déjà arrivées.

La plupart des victimes carbonisées

Le drame a eu lieu vendredi vers 23h, à une sortie d'autoroute à San Martino Buon Albergo, près de Vérone. Certaines des victimes sont mortes éjectées au moment de l'impact, mais la plupart ont été retrouvées carbonisées.

Les larmes aux yeux, M. Lacquaniti a raconté une scène «impressionnante et dévastatrice». «Je peux témoigner que toute la nuit, nous avons travaillé, soit comme policier pour reconstruire une tragédie, soit comme père de famille pour aider des jeunes de 15-16 ans, dont certains étaient pieds nus», a-t-il déclaré. «Il n'y a aucun état de service qui peut préparer à des événements de ce type», a-t-il assuré, ajoutant que certains jeunes avaient refusé de quitter leurs amis.

«Ceux qui étaient assis à l'arrière du bus se sont sauvés en brisant les vitres, dans les cris et la panique», a raconté de son côté Judit Timaffy.

«Ce sont des enfants, c'est le plus dur, tout le monde pense aux siens. Mais naturellement le gouvernement hongrois fait et fera tout le nécessaire pour apaiser la douleur des familles», a déclaré samedi le ministre hongrois des Affaires étrangères, Peter Szijjarto, en ravalant ses larmes.

Drapeau noir au fronton du lycée

Un drapeau noir a été accroché en signe de deuil au fronton du lycée situé dans le centre de Budapest. Des passants et anciens élèves sont venus déposer fleurs et bougies.

L'enquête doit déterminer les causes de l'accident, mais selon le chef de la police routière, «il n'y a pas eu d'autres véhicules qui sont entrés en collision avec le car».

«Les raisons peuvent aller de la condition du chauffeur à un problème mécanique, ou d'autres événements que nous sommes en train d'évaluer», a-t-il ajouté.

«Le bus allait à une vitesse assez soutenue et nous n'avons pas vu de traces de freinage», avait-il auparavant affirmé sur une radio italienne. Et le feu a pris «quelques instants après l'impact». La pile de pont contre laquelle s'est encastré le car portait encore samedi les traces de l'incendie violent.