«Le mauvais temps et la topographie difficile rendent les opérations militaires de l'OTAN difficiles. En tout cas, les objectifs mobiles (chars et forces terrestres) ne sont pas atteints comme prévu. On peut même parler d'échec de la phase II de l'opération «Force déterminée». Il n'y a par contre pas de doute que les frappes aériennes des alliés vont se poursuivre. Malgré l'entrée en service de nouveaux appareils américains équipés de bombes à gravitation et à fragmentation (les mêmes utilisés pendant la Seconde Guerre mondiale), les raids aériens vont probablement durer plusieurs semaines.

»C'est normal qu'à Belgrade les sirènes sont en état d'alerte sans arrêt pendant des heures. Ces deux derniers jours, l'OTAN a tenté de détruire les objectifs fixes comme les dépôts de munitions et de pétrole ainsi que des casernes militaires. Il est tout à fait possible qu'il y ait des victimes civiles.

»La question d'envoyer des troupes au sol est plus que jamais d'actualité. Les militaires y pensent et probablement, ils s'y préparent activement. La décision sera prise aux Etats-Unis. Le président Clinton est sous pression depuis l'emprisonnement de trois militaires américains à Belgrade. Ce sont d'ailleurs des soldats américains qui joueront les premiers rôles. L'Europe n'a pas de vraie armée et ses unités ne sont pas prêtes.

»Le navire de guerre russe qui est entré dans l'Adriatique ne constitue pas une menace pour l'OTAN. Avant tout, Moscou fait une démonstration politique. Mais il ne faut tout de même pas sous-estimer la pression exercée par les nationalistes et les communistes sur Boris Eltsine. Tôt ou tard, Moscou pourrait finir par livrer des armes à la Yougoslavie.»

Propos recueillis par R. Et.