Les chiffres sont révélateurs. Ils étaient environ 15 000, mardi, dans les rues de Paris à l’appel de la Confédération générale du travail (CGT). Soit à peu près autant que les «gilets jaunes» le 2 février, pour leur… douzième samedi de mobilisation. Le rapport de force entre le syndicat le plus engagé dans la confrontation sociale et le mouvement de colère sorti de nulle part est donc assez clairement en défaveur du premier: «Nos adhérents traditionnels, les fonctionnaires et les employés du secteur public, sont partagés sur les «gilets», expliquait hier Paul, un cheminot cégétiste des ateliers de la gare de Paris-Bercy. On soutient leurs revendications. On se bat aussi contre la baisse du pouvoir d’achat. Mais l’on sait que beaucoup d’entre eux nous voient comme des perdants.»