Après Martin Schulz, patron des eurodéputés socialistes, après Daniel Cohn-Bendit, le président des Verts, après les libéraux du Parlement européen, c'est un acteur de poids, Margot Wallström, vice-présidente de la Commission européenne qui plaide pour un rapatriement du siège de l'assemblée de Strasbourg vers Bruxelles. Une prise de position sur le ton de la confidence, mais susceptible de toucher des milliers d'internautes, car Margot Wallström a choisi de la poster sur son blog*. «Les problèmes pratiques - et les coûts! - liés aux deux sites, éclipsent aujourd'hui la valeur symbolique» du choix historique de Strasbourg, dit-elle.

Le siège strasbourgeois du parlement, ancré dans les traités, est attaqué de partout. Depuis le 10 mai, il est la cible d'une pétition on line, lancée par les libéraux. Selon certains eurodéputés, le prix des navettes entre les deux villes s'élèverait à 200 millions d'euros par an. La pétition approche déjà le demi-million de signatures.

Pour mémoire, l'Europarlement siège en plénière à Strasbourg une dizaine de fois pas an. Mais le vrai foyer des eurodéputés est à Bruxelles où un autre bâtiment, tout aussi imposant, a été construit. C'est là que se tiennent toutes les commissions parlementaires et les élus européens y mènent régulièrement des «mini-sessions». Le départ mensuel vers Strasbourg a donc des airs de transhumance. Tout le parlement, eurodéputés, assistants et dossiers divers, sans compter la presse, s'entasse dans les trains ou les avions qui relient - rares et lents pour les premiers, hors de prix pour les seconds - Bruxelles à Strasbourg.

Outre la pétition on line qui espère convaincre un million de signataires, le président du Parlement européen Josep Borrell doit soulever le problème auprès des chefs d'Etat et de gouvernement au sommet des 15 et 16 juin. Les Vingt-Cinq sont en effet seuls habilités pour autant qu'ils soient unanimes à modifier la règle. Jacques Chirac a déjà fait connaître son «ferme engagement à défendre Strasbourg». Margot Wallström ne se démonte pas: «Peut-être, écrit-elle, qu'avec un nouveau président français, il sera possible de commencer des discussions constructives...»

*http://weblog.jrc.ec.europa.eu