La prise d'otages rocambolesque est terminée. Le détournement d'un avion égyptien sur l'aéroport de Larnaca à Chypre a pris fin mardi après-midi avec l'arrestation du pirate de l'air, a annoncé le porte-parole de la présidence chypriote. Les derniers passagers retenus dans l'avion d'EgyptAir sont sortis sains et saufs.

L'homme s'est rendu en sortant sur la passerelle de l'avion avec les mains en l'air. Il s'est ensuite dirigé vers deux policiers sur le tarmac qui l'ont étendu au sol et l'ont fouillé avant de l'emmener dans un bâtiment de l'aéroport. Le ministre égyptien de l'Aviation civile Chérif Fathy a affirmé à la télévision d'Etat que «les passagers et les membres d'équipage sont sains et saufs». Le preneur d'otages a libéré progressivement les passagers, n'en retenant finalement plus que sept, qui ont réussi à quitter l'appareil avant sa reddition.

55 passagers à bord

Le pirate de l'air, de nationalité égyptienne selon une source gouvernementale chypriote, avait détourné en début de matinée l'Airbus A-320, qui transportait au total 55 passagers et effectuait la liaison entre la ville côtière égyptienne d'Alexandrie et le Caire. L'appareil s'était ensuite dirigé vers l'île de Chypre, où il s'est posé à l'aéroport de Larnaca.

Les motivations de l'homme, qui a affirmé porter une ceinture d'explosifs, sont apparues confuses et le président chypriote a affirmé que son acte n'était pas lié au «terrorisme». Le pirate de l’air demandait l’asile à Chypre et souhaitait également voir son ancienne épouse chypriote. La femme habite dans le village d’Oroklini, proche de l’aéroport, selon une source du gouvernement. 

Les autorités aéroportuaires chypriotes avaient annoncé la fermeture de l’aéroport international de Larnaca, situé dans le sud de l’île méditerranéenne, ajoutant que les vols avaient été déroutés vers l’aéroport de Paphos.

Des précédents à Larnaca

Une cellule de crise avait été ouverte à l’aéroport tandis que le président chypriote Nicos Anastasiades s’est entretenu au téléphone avec son homologue égyptien Abdel Fattah al-Sissi, a indiqué son porte-parole. L’Egypte est en proie aux violences djihadistes notamment dans le Sinaï depuis la destitution en juillet 2013 par l’armée du président islamiste Mohamed Morsi et la répression de ses sympathisants qui l’a suivie.

Le 31 octobre 2015, un Airbus A-321 s’est écrasé dans le Sinaï quelques minutes après avoir décollé de la station balnéaire de Charm el-Cheikh, un drame qui avait coûté la vie aux 224 passagers. La branche égyptienne de l’organisation djihadiste Etat islamique (EI) avait affirmé avoir mis une bombe dans l’avion, provoquant le crash.

L’aéroport de Larnaca avait déjà été le théâtre de plusieurs détournements d’avions dans les années 1980 et 1990. Le 26 août 1996, un Airbus A-310 de la Sudan Airways, effectuant la liaison Khartoum-Amman avec 199 personnes à bord, avait été détourné vers Larnaca puis vers l’aéroport de Stansted (50 km de Londres), par sept pirates de l’air irakiens. Les sept pirates voulaient obtenir l’asile politique de la Grande-Bretagne. Ils se sont rendus au terme d’une prise d’otages de 20 heures, sans violence.

En avril 1988, un Boeing 747 de Kuwait Airways, assurant la liaison Bangkok-Koweït et transportant 111 personnes, était détourné sur Machhad (Iran). Les sept pirates de l’air ont réclamé en vain la libération de 17 extrémistes chiites pro-iraniens détenus au Koweït. Le 8, l’avion se rend à Larnaca, où deux passagers koweïtiens sont tués par les pirates. Les derniers otages sont libérés lors d’une ultime escale à Alger.