Ce décès, annoncé par son frère Salem, a été confirmé à Paris par Souhayr Belhassen, présidente de la Fédération internationale des ligues de droits de l’homme (FIDH) et par le Comité pour le respect des libertés et des droits de l’homme en Tunisie (CRLDHT).

«Il faut une enquête ou une commission nationale pour déterminer les causes et les solutions à cette protestation sociale qui a pris des formes tragiques», a ajouté Mme Belhassen.

Le ministère tunisien de la Santé a également annoncé le décès du jeune homme à l’hôpital des grands brûlés de Ben Arous, dans un communiqué publié par l’agence gouvernementale TAP.

Mohamed Bouazizi, marchand de fruits et légumes âgé de 26 ans, était devenu un symbole pour les chômeurs diplômés, les syndicalistes et les militants des droits de l’homme.

Il s’était immolé par le feu le mois dernier devant un bâtiment officiel de Sidi Bouzid, à 200 km au sud-ouest de Tunis. Son acte a suscité un élan de solidarité, avec des manifestations à Sousse, Sfax et jusqu’à Tunis, où un millier de jeunes protestataires ont été dispersés il y a une huitaine de jours.

Le gouvernement tunisien accuse l’opposition de manipuler ces manifestations pour discréditer le pouvoir. Les protestations dans la rue sont rares dans ce pays dirigé depuis 23 ans par le président Zine el Abidine ben Ali.

Deux civils ont été tués lors d’affrontements avec les forces de l’ordre dans la ville de Bouziane, dans le sud du pays. Selon la presse française, un diplômé au chômage s’est par ailleurs suicidé par électrocution pour dénoncer «la misère et le chômage».

Le président Ben Ali a nommé un nouveau ministre de la Jeunesse et un nouveau gouverneur de Sidi Bouzid. Il a prévenu la semaine dernière que toute manifestation violente était inacceptable et contraire à l’intérêt national.

La presse tunisienne rapporte que le président a également ordonné le déblocage de 6,5 milliards de dinars (4,3 milliards de francs) en faveur de l’emploi des diplômés, dont le taux de chômage est d’environ 25%.