Trois militaires dont les treillis sont en charpie passent de l’eau sur leurs membres dénudés et ensanglantés en évitant les bandages maculés et les plaies. Ils sont hospitalisés dans l’hôpital no 7 de Kiev, celui qui est le plus proche des quartiers que l’armée russe bombarde sans relâche. Comme une centaine de leurs camarades de la brigade 72, ils ont été sous le feu des canons de l’artillerie lourde russe pendant une heure. «Un carnage», se désole l’un des trois blessés. Après les cessez-le-feu qui ont permis l’évacuation des civils, jeudi et vendredi, les tirs à l’artillerie lourde ont repris de plus belle samedi après-midi et se sont poursuivis tout le week-end. Les états-majors ne communiquent pas sur l’ampleur des pertes, mais les soldats évoquent de nombreuses victimes et des combats féroces faisant craindre le début d’une attaque terrestre sur Kiev. Ce serait le scénario du pire, celui que les militaires russes ont mis en place à Marioupol dans le sud-est de l’Ukraine.