Syrie

L’hôpital mouroir des djihadistes

Les détenus de la prison principale d’Hassaké, où se trouvent de nombreux Européens, n’ont pas accès aux soins. L’administration kurde réclame des moyens à la communauté internationale pour pouvoir s’occuper des prisonniers

Le garde insiste: impossible d’entrer sans porter un masque de chirurgien, «à cause des bactéries». Le bâtiment est neuf, les murs ont été blanchis à la chaux, dans l’antichambre, deux plantes en pot, rachitiques, n’en finissent pas de perdre leurs feuilles. Nous sommes à la section médicale de la prison pour djihadistes d’Hassaké. La plus grande du genre avec près de 5000 détenus. Le garde ouvre une porte métallique et s’engouffre dans la salle où gisent à même le sol des blessés, des malades et des mourants. Le silence est suffocant autant que l’air et les masques de chirurgien ne suffisent pas à le rendre respirable: les odeurs de peur et d’humeurs corporelles se mêlent à celles des plaies qui pourrissent.

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